Au fil des ans, nous avons écumé une bonne partie des côtes normandes pour y saluer la nouvelle année (ou parfois le début du printemps) loin de la foule et au grand air. Histoire de s’oxygéner un maximum avant de replonger dans la vie citadine …

Si nous préférons les côtes normandes aux immenses plages de sable fin du littoral belge, trop urbanisé à notre goût, c’est qu’elles ont, par la force des choses, conservé un petit côté sauvage appréciable, et que les infrastructures touristiques et les zones naturelles s’y succèdent de manière assez harmonieuse. De plus, la diversité des paysages est telle qu’on ne s’y ennuie jamais.

Du Tréport au Mont-Saint-Michel, nous avons arpenté ce littoral de près de 650 km par petites étapes. Découvrant des paysages somptueux et toujours changeants : des spectaculaires falaises de craie aux villas belle époque cachées au fond de valleuses intimistes ; des estrans propices à la pratique de la pêche à pied aux longues plages de galets ou de sable battues par les vents et les embruns. Sans oublier bien sûr quelques caps, phares et îles qui dialoguent avec ce littoral si particulier.

Nous avons ainsi découvert un ensemble de « côtes » aux noms évocateurs. Certaines prisées des touristes, d’autres nettement moins courues … Je vous invite à un premier survol rapide, à travers trois départements français, du Pays de Caux à la baie du Mont Saint-Michel.

Seine Maritime – falaises et valleuses

Notre premier contact avec le littoral normand remonte à près de 20 ans. Nous avions loué un très chouette gîte à Saint-Valéry-en-Caux. De ce camp de base, nous avons exploré pendant deux semaines le Pays de Caux. Depuis, nous y sommes retournés en hiver, au printemps et en été, dans d’autres villages et gîtes toujours très pittoresques.

Côte d’Albâtre

La région côtière du pays de Caux est un long cordon de 140 km de hautes falaises entrecoupées de valleuses (vallées suspendues qui « tombent » littéralement dans la mer). Du Tréport au Havre, la côte d’Albâtre doit son nom à la craie des falaises mais aussi à la tonalité laiteuse que prend la mer à leur pied.

Crédit photo : normandie-tourisme.fr

Vertigineux murs verticaux de craie et de silex, échancrés ici et là de valleuses plus ou moins larges et habitées. Certaines abritent des stations touristiques discrètes et de petits ports animés.

En matière de falaises, celles d’Étretat sont incontestablement les plus connues. Incontournables, dessus, dessous, à l’envers ou à l’endroit, qu’il bruine, qu’il vente ou qu’il fasse plein soleil … la magie opère toujours ! Surtout lorsque les touristes se font rares !

Sur la côte d’Albâtre, nous avons passé des heures à scruter l’estran et tout le petit monde qui s’y cache. Nous avons récolté sur  les plages de minuscules coquillages jaune fluo ou orange et sur les platiers rocheux d’adorables bernicles (encore appelées patelles ou chapeaux chinois) avec lesquelles nous inventions de petits personnages décoratifs …

Au pays de Caux, accéder à la plage ou à l’estran s’avère parfois acrobatique …  certaines échelles peuvent impressionner ! Il nous est même arrivé de devoir faire demi-tour, certaines parties d’échelle n’existant tout simplement plus, avalées par un éboulement plus ou moins récent. Gloups !

Calvados – sable fin et stations chics

Passé le Havre, on s’envole (même en voiture …) au-dessus de la Seine, par le pont de Normandie. Certains jours d’hiver, la brume dissimule partiellement les infrastructures portuaires. On passe alors, entre ciel et mer, de la Haute à la Basse Normandie.

Autre paysage, autre ambiance. Ici, l’œil glisse sur une succession de prairies et de vergers à perte de vue. Avec, ça et là, d’adorables chaumières à pans de bois disséminées au milieu des pommiers. Bienvenue dans le Calvados et le pays d’Auge.

En obliquant directement après le pont de Normandie sur la droite, vers Honfleur puis vers la mer, on aborde la côte de Grâce.

Côte de Grâce

Il s’agit en réalité d’un tout petit bout de côte, entre Honfleur et Trouville, qui doit essentiellement son nom à une chapelle de marins perchée sur un promontoire qui surplombe Honfleur : la Chapelle de Grâce.

On y accède depuis le centre de Honfleur (qui vaut largement le détour) par un chemin pittoresque, la rampe du Mont Joli. Au sommet, vous aurez une belle vue sur le pont de Normandie et l’estuaire de la Seine. Par contre, je vous déconseille de vous aventurer trop avant sur les plages en contrebas … nous avons failli y perdre nos chaussures !

Côte fleurie

Au-delà de Trouville et jusqu’à Cabourg s’étire la Côte fleurie. 40 kilomètres de plages de sable fin, mais aussi des falaises et des rochers. Et surtout, des stations balnéaires huppées et réputées, comme Deauville, Trouville ou Cabourg.

Le nom « côte fleurie » évoque bien sûr les pommiers en fleurs du pays d’Auge, réputé pour son cidre et tous les produits dérivés de la pomme, mais aussi les superbes jardins et parcs fleuris qui égaient l’arrière pays. Comme les Jardins du Pays d’Auge auxquels j’ai déjà consacré un article.

Côte de Nacre

Entre l’embouchure de l’Orne (Ouistreham) et celle de la Vire (Courseulles), la côte de Nacre déroule sur plusieurs kilomètres un paysage plus urbanisé, jalonné de stations balnéaires familiales, comme Ouistreham, Saint-Aubin-sur-Mer et Courseulles-sur-Mer.

Cette côte est mondialement connue pour les plages du débarquement, comme Juno, Sword ou Gold Beach où l’on découvre d’innombrables traces des ouvrages de défense du mur de l’Atlantique.

Bessin et plages du débarquement

En poursuivant notre route le long des côtes en direction du Cotentin, on découvre d’autres lieux de mémoire : Omaha beach, Arromanches et son port artificiel, la pointe du Hoc et Utah Beach. Musées et cimetières militaires abondent dans la région.

 

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer à gauche, cimetière allemand de La Cambe à droite.

Entre Arromanches-les-Bains et Grandcamp-Maisy, on retrouve des falaises et des platiers rocheux.

Manche – littoral sauvage et préservé

Les 360 km de façade maritime de la Manche sont très variés : falaises abruptes, petits ports et criques intimes, mais aussi cordons dunaires et longues plages de sable fin.

La presqu’île du Contentin

Au nord, la presqu’île du Cotentin est un « bout du monde » où se succèdent falaises, côtes rocheuses, petits ports et plages, sur fond de landes, de bruyères et de fleurs sauvages. C’est le paradis des marcheurs et des amoureux de nature sauvage.

Les falaises du nez de Jobourg sont parmi les plus hautes d’Europe (128m). Et les courants à la pointe du Cotentin sont souvent violents. D’imposants phares les signalent (Gatteville, La Hague).

Le GR 223, connu sous le nom de « sentier des douaniers » fait le tour du Cotentin, de Carentan jusqu’au Mont-Saint-Michel. Idéal pour découvrir cette terre de contrastes : paysages de bocages et de cultures maraîchères à l’intérieur des terres ; littoral vallonné et déchiqueté au nord, longues plages de sables et estuaires abrités du vent plus au sud vers le Mont-Saint-Michel.

Côte des Isles

À l’ouest, la partie du littoral qui s’étend du cap de Carteret jusqu’au cap de Granville présente un paysage apaisé mais encore sauvage : de longues plages de sable bordées d’un cordon dunaire.

Dans la partie nord, la côte des Isles porte bien son nom : elle fait face aux îles Anglo-Normandes et s’étend sur 33 km de Baubigny à Denneville. Ses plages sont abritées de la houle de l’Atlantique par les îles anglo-normandes (Jersey, Guernesey, Chausey, …) et réchauffées par le Gulf Stream.

Les plages y sont immenses et quasi désertes. On y ressent un sentiment grisant de liberté.

Côte des Havres

Juste au sud de la côte des Isles, la côte des Havres caractérisée par une succession de 8 havres8 bras de mer pénétrant dans les terres, à l’intérieur desquels se dévoilent à marée basse des cheneaux,  des vasières et des prés-salés. Bref, un formidable réservoir de biodiversité.

Exposés à d’amples marées, à des tempêtes parfois violentes, les havres s’érodent et changent d’aspect en permanence. De même, les cordons dunaires se transforment au fil du temps.

Baie du Mont-Saint-Michel

On termine en beauté ce premier tour d’horizon du littoral normand avec le Mont Saint-Michel et sa baie. Un site naturel d’exception classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Et c’est vrai que le spectacle est grandiose. Mais, comme partout, mieux vaut éviter les périodes hyper-touristiques, où la foule déferle sur le Mont en un flot ininterrompu !  Nous avons eu la chance de le visiter au lendemain des fêtes, au tout début de janvier, alors qu’il était (presque) rendu à la quiétude. Quel plaisir de flâner dans les ruelles médiévales ou sur les remparts … Mais c’est tout en haut, dans le cloître de l’abbaye que l’émotion est à son comble. La vue est tout simplement divine !

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