Sur les traces de Dzia
Quelques lignes suffisent à reconnaître une œuvre de Dzia.
Un enchevêtrement de traits vifs, presque nerveux.
Des formes géométriques qui s’imbriquent et se répondent.
Et, soudain, un animal.
Avril 2026. Cela fait plusieurs années que je croise ses œuvres sans vraiment les chercher. Au détour d’une rue à Etterbeek. Sur un mur plus discret à Ixelles ou Wezembeek. Puis, un peu plus loin, aux abords de la Forêt de Soignes.
Comme des apparitions.
Car il y a, dans le travail de Dzia, quelque chose de cet ordre-là : une présence inattendue, qui vient troubler le regard. Un renard là où l’on n’attend que du béton. Un oiseau dessiné à même la ville. Une silhouette animale qui semble à la fois surgir du mur… et s’y fondre.

Sommaire
Une signature immédiatement reconnaissable
Originaire d’Anvers, Dzia est un artiste de rue de renommée internationale. Son langage visuel distinctif, connu sous le nom de Wild Lines, lui vaut une place de choix dans l’art urbain contemporain.
Il développe depuis le début des années 2010 un univers très cohérent, centré sur la représentation animale.
Au cœur de la pratique de Dzia se trouve un engagement profond envers le monde naturel. Son œuvre est dominée par des images animales — renards, oiseaux, insectes et autres espèces — qui fonctionnent comme des totems et des miroirs de l’instinct humain.
Ses animaux ne sont jamais naturalistes. Ils sont construits comme des architectures : une trame de lignes, tendues ou courbes, qui suggèrent les volumes sans les enfermer. Le résultat est à la fois dynamique et fragile. Presque abstrait, et pourtant profondément incarné.

Comme si l’animal n’était pas représenté… mais en train d’apparaître.
Je laisse le chaos trouver son rythme dans la géométrie.
Je travaille de manière instinctive et spontanée. Mes idées surgissent rapidement, et je peins directement sur place, laissant chaque mur et chaque emplacement façonner la composition finale. Je considère mes fresques comme des rencontres : entre l’humain et l’animal, entre la ville et la nature, entre la fragilité et la puissance. Dzia
Bruxelles, en pointillés
À Bruxelles, les œuvres de Dzia sont rares. Et c’est peut-être ce qui les rend si précieuses.
Rue Louis Hap, à Etterbeek, deux renards se font face. L’un semble penché vers le sol, l’autre lève la tête, attentif. On pourrait passer sans les voir. Ou s’arrêter, et rester là quelques instants.


Un peu plus loin, à Ixelles, sur un mur du dépôt de tram de la chaussée de Boondael, une autre figure animale surgit dans un environnement plus brut, plus industriel. Rien de spectaculaire. Mais une présence.
A la lisière de la Forêt de Soignes
En s’éloignant du centre, quelque chose change.
Du côté de Groenendael, les œuvres de Dzia prennent place sur un écoduc, au coeur d’une voie rapide. Ici, chauves-souris, amphibiens et autres espèces locales apparaissent sur les piliers, comme un rappel de ce qui se joue autour.
Ce n’est plus seulement de l’art dans la ville. C’est déjà autre chose.

Le long des gares de Groenendael ou de Hoeilaart, d’autres traces apparaissent, plus ou moins modestes. Il faut parfois les chercher, lever les yeux, ralentir.


Retrouver Leuven, une autre quête
Il y a bien longtemps, j’ai « koté » à Leuven.
Une autre vie, ou presque.
Une ville de passage, d’études, de saisons vécues sans toujours les regarder. Y revenir aujourd’hui, sur les traces de Dzia, c’est la redécouvrir autrement.
Une colombe sur un mur de la Justus Lipsiusstraat. Deux renards dans la Lindensestraat – comme un écho à ceux d’Etterbeek. Un pic, dans la Rondestraat, dont la verticalité semble prolonger le geste. Et, presque invisibles, quelques grillons du côté de la Brusselsestraat.


Une série de présences qui, peu à peu, dessinent un territoire.
Dzia à Malines : le parcours Animalinas
À quelques kilomètres du centre historique de Malines, le travail de Dzia change d’échelle.

Le long des rivières du Natuurpark Rivierenland, dans le cadre du parcours Animalinas, ses œuvres s’inscrivent dans un paysage plus vaste. Elles ne ponctuent plus la ville : elles racontent un territoire.
Animalinas est un parcours d’une centaine de kilomètres qui relie les parcelles de nature du Rivierenland.
Le long de l’itinéraire, les espèces locales apparaissent, à la fois dans le paysage… et sur les murs.

Le parc naturel Rivierenland a mis au point sept circuits familiaux et un itinéraire cyclable complet de 107 km. Les circuits familiaux partent de Malines, Bonheiden, Keerbergen, Boortmeerbeek, Willebroek, Duffel et Sint-Katelijne-Waver et varient de 3 à 13 km.

Une anguille à l’approche d’une écluse.
Un insecte posé sur un mur.
Un oiseau qui semble prêt à s’envoler.
Ici, le street art ne s’impose pas. Il se glisse dans le paysage.
Et peu à peu, on se pique au jeu.
Tout en marchant ou pédalant, on scrute le paysage, à l’affut de la prochaine apparition.




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