Coxyde 1958: premières vacances à la mer
Été 1958. Sur la côte belge, les premières vacances prennent la forme d’un rituel immuable.
Un mois au bord de la mer du Nord, entre dunes, sable et souvenirs en devenir.
Comme ce fut le cas pour beaucoup d’enfants de ma génération, mes premières vacances ont pris la forme d’un séjour prolongé à la côte belge, ce petit bout du littoral de la mer du Nord – très (trop) densément urbanisé – qui s’étend sur 66 kilomètres, de La Panne à Knokke-Heist.
Chaque année, mes parents émigraient joyeusement pour quatre semaines à la mer. Au mois de juin d’abord – tant que je ne fréquentais pas encore l’école primaire – puis, plus tard, au coeur de l’été.
Un auteur belge, Yvan Dusausoit, a très bien décrit dans son livre Mer du Nord : Plages d’enfance ce qu’il appelle «la cour de récréation du pays».
Sans haies ni clôtures, exposée au soleil et au vent, la plage repose au cœur de chacun comme un jardin secret. Le littoral est aussi, d’un pays à l’étroit, la seule fenêtre ouverte où viennent respirer les habitants. Ils y retrouvent leurs racines enfoncées profondément dans le sable à la manière des oyats. Car la Côte, autrefois désertique, a toujours représenté la page blanche où s’écrivent les rêves. On y a bâti des villes de fantaisie, pour sans cesse les démolir et les reconstruire. Comme au théâtre ou au Far West. Et ce pays de l’instant a sa culture, son patrimoine, essentiellement ludique.
J’ai finaleement assez peu de souvenirs des toute premières années à Coxyde.
Maman évoquait les promenades vers le moulin, le petit train touristique, le village en retrait de la côte, les dunes …

Mais, pour moi, ce sont surtout les bonheurs simples de l’enfance qui demeurent : châteaux de sable, coquillages, fleurs en papier, cuistax et parties de ballon sur la plage.
Des fragments d’été, minuscules et lumineux, qui continuent — des années plus tard — à dessiner ma mémoire du bonheur.
Bien plus tard, c’est sur ces mêmes rivages que je suis revenue marcher, du côté du Westhoek, entre dunes et mer — comme pour retrouver, autrement, l’écho de ces premiers étés.





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