En cette première semaine de janvier, je vous emmène pour une promenade très humide 😉 au sud du Finistère, du côté de Pont-Aven. Rues désertes, magasins fermés et ciel en berne accueillent les rares touristes. Pourtant, le bourg ne manque pas de charme sous la bruine et la brume bretonne.

Oh bien sûr, nous sommes loin des clichés lumineux que tout le monde connaît : rues fleuries où flânent de nombreux touristes, multiples galeries d’art (plus de 60 paraît-il) attirant amateurs d’art et promeneurs. Personne pour oser un petit selfie-souvenir. Rien, même pas un canard sur la ria locale. Alors, il ne nous reste que l’imagination et la lecture pour recréer une vision de ce lieu chéri des peintres.

Pour l’heure, seuls quelques courageux arpentent les rues, le nez en l’air … sous le capuchon ou le parapluie. Pourtant, le charme opère.

Pont-Aven : moulins, peintres et galettes

Située à mi-distance entre Quimper et Lorient, Pont-Aven doit sa notoriété aux peintres qui s’y installèrent à la fin du XIXème siècle. Il faut dire que la petite ville a tout pour charmer : une rivière facétieuse enjambée par plusieurs passerelles et petits ponts charmants, des collines boisées où l’on chemine agréablement, les yeux rivés sur le petit port, sur les belles demeures de granit ou l’aven et ses chaos. Un paysage changeant au gré des marées.

L’école de Pont-Aven

Une première vague de peintres a déferlé sur Pont-Aven au milieu du XIXème siècle, à la recherche de beaux paysages, avides de costumes et de légendes locales où ils puisaient leur inspiration. C’est la période « naturaliste ».

Lorsque Gauguin y séjourna la première fois, en 1886, l’impressionnisme domine. Mais Gauguin trouve en Bretagne une force qui le pousse à innover. On lui prête les paroles suivantes :

« J’aime la Bretagne. J’y trouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. »

A Pont-Aven, il rencontre Émile Bernard qui cherche lui aussi à explorer d’autres chemins picturaux. Au lieu de suggérer la réalité, il en exprime l’essentiel à travers de larges aplats de couleurs denses, cernés d’un trait inspiré de la peinture japonaise.

Une nouvelle approche picturale est née : le « synthétisme ». Elle annonce l’art moderne.

Pont-Aven vu du Bois d’Amour – Peinture d’Emile Bertrand (Wikimedia).

Le musée des Beaux-Arts de Pont-Aven, malheureusement fermé en janvier, présente une rétrospective des peintres qui travaillèrent ici. Plus d’un siècle de créations artistiques liées à Pont-Aven.

Le « synthétisme » typique de l’école de Pont-Aven y est expliqué à travers les œuvres de plusieurs peintres et un film.

Tableau de Gauguin : Paysage de Bretagne. Le moulin David (wikimedia)

Le long de l’aven : chaos, moulins et ria

Mais revenons à l’Aven qui en toutes saisons, imperturbable, bouillonne et joue à saute-mouton avec les rochers de granit et les troncs d’arbre qui encombrent son cours. Les chaos granitiques, énormes, arrondis par l’érosion, la pluie et le courant évoquent pour moi d’autres côtes pas si lointaines.

L’aven salue au passage les derniers vestiges des moulins à eaux qui firent jadis la fortune de l’endroit (on en dénombre pas moins de quatorze dont on peut retrouver les traces grâce à une promenade balisée).

Moulin du grand Poulguin

Au-delà de Pont-Aven, le lit de la rivière s’élargit considérablement au point de prendre les dimensions d’un fleuve avec, 6,5km plus loin, un estuaire de 200 mètres de large. La ria est navigable et le petit port de Pont-Aven, soumis aux marées, accueille des bateaux pas si petits.

Plusieurs circuits de promenade offrent différents points de vue sur Pont-Aven et ses alentours. Parmi les incontournables :

  • La minuscule promenade Xavier Grall (du nom d’un poète breton) qui vous amènera au cœur de Pont-Aven au plus près de l’eau. Jolis points de vue garantis et invitation à la rêverie.

  • Prenez ensuite de la hauteur, pour traverser le Bois d’Amour et visiter la Chapelle de Trémalo, autant de lieux qui inspirèrent les peintres d’hier et d’aujourd’hui.
  • Enfin, de l’autre côté de Pont-Aven, parcourez les berges de l’Aven jusqu’au petit port de plaisance où se balancent quelques voiliers aujourd’hui endormis pour l’hiver.

Dès la fin du XVIIème siècle, le port de Pont Aven s’est développé en aval des moulins. Des caboteurs venaient y charger des céréales et du bétail à destination de Nantes ou Bordeaux, apportant des barriques de vin et du sel de Guérande.

En été, des excursions en bateau vous feront découvrir la ria jusqu’à la mer à Port-Manech. Et si le cœur vous en dit, vous pourrez même explorer la ria voisine jusqu’au port du Bélon.

Mais en cette saison, les seules gâteries permises … sont pédestres ou comestibles 😉

Les galettes de Pont-Aven

Pont-Aven est mondialement connue pour ses galettes qui font partie du patrimoine culinaire breton (mais je  parie qu’un certain film avec Jean-Pierre Marielle n’est pas innocent dans leur succès !).

Deux biscuiteries ancestrales – Penven et Traou Mad (fondées respectivement en 1890 et 1920) – sont réputées pour leurs biscuits sablés au goût inimitable : les galettes et les palets de Pont-Aven. Rien que des ingrédients naturels et bretons : œufs, beurre, farine et sucre. Tout l’art bien sûr est dans le dosage … mais chuuut … secret de fabrication. Personne ne vous en dira plus.

Un conseil : évitez les pâles copies des grandes surfaces … elles ne soutiennent pas la comparaison. Alors, la seule véritable question à se poser : galette fine et croustillante ou palet épais et moelleux ? Et pourquoi pas les deux ??

 

Dans la petite cité des peintres, nous avons découvert une curiosité plutôt déconcertante : des WC publics, datant de 1962, surplombant l’Aven à hauteur du pont du centre ville. Un petit édifice pour le moins original et surprenant.

Vous l’aurez compris, Pont-Aven est tout petit mais vaut largement le détour, quels que soient vos centres d’intérêt : culture, nature ou cuisine.

N’oubliez pas d’admirer les jolies villas et les mille détails qui témoignent de la vie des gens d’ici.

Pont-Aven en pratique

Que voir

Que faire

  • Idéalement les circuits pédestres dans et autour de Pont-Aven (30 – 40′). Infos à l’office du tourisme.
  • Le circuit du bois haut (chapelle de Trémalo, Bois d’Amour et hameau du Haut bois) – 9 km – 2h30
  • En saison, un circuit en bateau avec les vedettes Aven Belon, du port jusqu’à la mer

Que lire

Toute visite se prépare, tout séjour se prolonge, tout souvenir s’entretient.

Pont-Aven vu de haut

Et pour vous donner envie d’aller découvrir ce petit bijou, je partage ici cette vidéo découverte sur YouTube qui propose de jolies vues de Pont-Aven, prises par un drône et par beau temps 😊

Poursuivez la visite …

Pour découvrir d’autres coins de Bretagne, je vous invite à lire mes articles sur :

  • les chaumières de Kerascouët,
  • la barre d’Étel
  • les alignements de Carnac.
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