Kerbors, un village breton typique, entre terre et mer

Kerbors et la presqu’île sauvage sont des lieux magiques où je reviens avec plaisir depuis plusieurs années. Quels que soit le temps et la saison, c’est le paradis des marcheurs et des amoureux de nature.

Nouvel An 2020. En ce début d’année je vous emmène à la découverte du GR34 autour de Kerbors, un petit village des Côtes d’Armor. Une région préservée du tourisme de masse. La campagne maraîchère y flirte en permanence avec la mer et les côtes y dévoilent leurs estrans chaotiques à chaque tournant du chemin.

Kerbors

Kerbors, un petit village sans prétention, sur la rive Est de l’estuaire du Jaudy, à moins de 50 km de Saint Brieux. Quelques maisons traditionnelles se serrent autour de l’église et de la mairie mais la majeure partie des habitations sont disséminées sur les 6,8 km² de la commune. Et les locaux (314 Kerborziens recensés en 2016) sont probablement moins nombreux que les touristes … L’exode rural est passé par ici puisque la population décroit d’année en année (ils étaient trois fois plus nombreux à la fin du XIXème siècle).

La commune abrite un site remarquable, l’allée couverte de Men-ar-Rompet, qui témoigne d’une présence humaine très ancienne.

L’île à poule, un îlot aux mille visages

Drôle de nom pour une île … Il semblerait qu’il soit dû à une erreur de traduction du breton « enez poull » : enez = île et poull = mare / étang. Ce qui correspondrait mieux à la topographie. Pourtant le nom breton actuel de cet îlot est Enez Yar, allez comprendre …

Le gîte où nous avons élu domicile pour la première semaine de 2020 jouit d’une vue panoramique sur l’île-à-Poule, l’estuaire du Jaudy et l’île d’Er au loin. Cet ensemble qui se couvre et se découvre au gré des marées offre un spectacle permanent et changeant.

Le petit îlot de l’île-à-Poule situé à l’avant-plan est relié à la pointe du littoral pendant la moitié de la marée. Il présente des traces souterraines d’un ancien atelier de briquetage, datant de l’Age du Fer, au niveau de l’extrémité qui la relie à la terre ferme.

Sur la petite plage de l’île à Poule, signalée depuis l’église de Kerbors, il reste à marée haute juste assez de sable pour s’y promener (sans toutefois pouvoir accéder directement à l’îlot) alors qu’à marée basse la plage et l’estran deviennent le paradis des chasseurs de crabes et de coquillages.

L’île d’Er : fascinante et … à vendre !

Au loin, on devine les contours de l’île d’Er. Il s’agit en fait non pas d’une île mais d’un archipel qui se compose de minuscules îles : l’île Verte, la Petite île (Enez Vihan), la grande île (Enez Terc’h), le Corbeau, etc.

C’est la Grande île (Enez Terc’h) qui est la plus intéressante. Quand on l’observe à la jumelle, on y distingue des bâtiments de ferme. Mais plus personne n’y habite. Et seuls quelques initiés s’y aventurent tant l’accès en est confidentiel. L’île est d’ailleurs privée et … à vendre. Avis aux amateurs et aux rêveurs ! Mais si elle vous intéresse, il vous faudra débourser pas moins de 2,4 millions d’Euros pour en devenir propriétaire !

La Petite île par contre est publique.

L’histoire de ces îles en apparence insignifiantes est plutôt mouvementée. Jugez donc !

On retrouve les traces d’un prieuré Saint-Symphorien, fondé en 1058. Il sera sécularisé en 1630.

La Grande île fut cultivée depuis plusieurs siècles et plus intensivement au cours du 19ème siècle et de la première moitié du 20ème siècle par des fermiers-goémoniers qui se sont succédé sur l’île. Les traces de deux fours à goémon témoignent de leur présence.

Ensuite, au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, l’île accueillera différents essais d’aquaculture, dont les palourdes. Un barrage, constitué de gros blocs reliant les deux îles sur une centaine de mètres, témoigne de cette pêcherie.

Enfin, en 1967, lors du naufrage du Torrey Canyon, on y crée des fosses pour stocker les déchets mazoutés issus de la marée noire. D’autres fosses seront ajoutées après le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978 et du Tanio en 1980. Ces déchets ont ensuite été oubliés là jusqu’en août 2008. A cette époque, l’association écologiste Robin des Bois dépose une plainte visant à vidanger les fosses. En 2011 une opération de vidange est organisée par l’Etat.

Aspects pratiques

Quelques conseils pour un séjour dans la région.

Logements

Vous trouverez de très nombreux gîtes de France dans la région. J’en ai testé et validé 3, dont deux à Kerbors et un tout près du sillon Talbert.

Tous ces gîtes sont idéalement situés à deux pas de la mer, très calmes, propres et de bon confort.

Commerces

Tous les commerces utiles se trouvent à Pleubian : boulanger, boucher, poissonnier ainsi qu’un Carrefour Express et un Super U. Et vous trouverez bien sûr des cafés et des restaurants si vous avez la flemme de cuisiner ^^ .

Randonnées

Le site de la presqu’île de Lézardrieux, propose de télécharger gratuitement des boucles de randonnées de la Presqu’île.

  • boucle de Brestan à Port-Béni – 15 km (pédestre)
  • boucle du Jaudy – 15 km et variante de 7 km (pédestre, cycliste)

Sur le site visugpx vous trouverez la trace GPX d’une boucle de 18 km au départ de Kerbors.

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