Visite de Notre-Dame à la Rose, un couvent – hôpital médiéval à Lessines

Fondé en 1242 par Alix de Rosoit et actif jusqu’en 1980, l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines est un des premiers sites hospitaliers autarciques d’Europe. En effet, outre les habituels bâtiments conventuels et hospitaliers on y trouve aussi une pharmacie, une ferme, un jardin de simples, une glacière, et même un cimetière.

Août 2021. Cela fait un bout de temps que j’avais envie d’aller voir de plus près cet hôtel-Dieu, classé Patrimoine Majeur de Wallonie, où l’on a soigné les âmes et les corps pendant près de 750 ans. Aujourd’hui reconverti en musée, ce lieu extrêmement riche en dit long sur l’évolution de la médecine et le rôle des religieuses dans l’accueil et le soin des plus démunis.

8 siècles d’activité hospitalière

A l’aube du 13ème siècle, Lessines est une petite ville fortifiée florissante du comté de Hainaut (grâce au commerce du drap). Elle est administrée par Arnould IV d’Audenaerde, grand bailli de Flandres. À sa mort, sa femme, Alix de Rosoit, fonde un hôpital pour les pauvres pour respecter les dernières volontés de son époux.

Le geste d’Alix de Rosoit s’inscrit dans le cadre du courant de charité privée, encadré par l’Eglise, qui mena à la création d’hôpitaux où l’on prenait soin des mendiants, des miséreux, des exclus, des malades. On trouve de tels Hôtels-Dieu dans des cités comme Bruges, Tournai,  Gand, Anvers ou Lille. (À noter que les célèbres Hospices de Beaune ne seront fondés que beaucoup plus tard, au milieu du 15e siècle.)
Ce sont les véritables ancêtres des structures sociales actuelles. Une vision et une organisation de l’aide aux plus démunis typique du Moyen Âge, qui évoluera progressivement aux XVIIe et XVIIIe siècles vers l’idée de bienfaisance « publique » c’est-à-dire assurée par l’Etat.

L’Hôpital Notre-Dame à la Rose est remarquable par sa longévité : près de 750 ans d’activité hospitalière ininterrompue. Et ses riches collections artistiques et scientifiques sont les témoins précieux de l’évolution des courants de pensée et des mentalités dans nos régions.

Présence continue des religieuses augustines

Si l’Hôpital est parvenu jusqu’à nous avec l’essentiel de ses trésors, c’est grâce à la présence ininterrompue d’une communauté de religieuses augustines de 1242 jusqu’en 1980.

Vivant sous la règle de saint Augustin, elles n’étaient au début qu’une douzaine pour effectuer toutes les tâches inhérentes au bon fonctionnement d’un hôpital. L’Hôpital était alors dirigé par la Dame Prieure ainsi que par le maître-directeur qui veillait à la bonne tenue spirituelle des lieux.

La communauté religieuse continuera à jouer un rôle prépondérant jusqu’en 1980 (Notre-Dame à la Rose étant alors devenu une gériatrie).

Outre sa fondatrice, Alix de Rosoit, deux autres femmes jouèrent un rôle capital dans l’évolution de Notre-Dame de la Rose : Jeanne Duquennes, Dame Prieure au 17e siècle,  qui augmentera sensiblement le prestige de l’institution en achetant de nombreuses oeuvres d’art et Rose-Marie Carouiy, soeur supérieure à la fin du 19e, qui inventa un médicament miracle qui fit le tour du monde et la richesse de l’hôpital.

Évolution des soins hospitaliers

Au Moyen Âge, on considérait que l’état du corps reflétait l’état de l’âme, ce qui explique que les soins spirituels étaient indissociables des soins du corps. Certaines maladies ou épidémies étaient d’ailleurs considérées comme une punition divine. C’est pourquoi la chapelle et la salle des malades sont placées dans le prolongement l’une de l’autre. Et jusqu’à la fin du 17e siècle, il n’y avait pas de place pour les athées dans un tel hôpital.

Au 19e siècle, la médecine hygiéniste se développe grâce aux travaux de Pasteur entre autres. Cela se reflètera dans l’ameublement et l’équipement des nouvelles salles de malades construites à cette époque. Et les collections médicales exposées dans différentes vitrines illustrent bien les énormes progrès réalisés.

De l’Hôpital au musée

Avant tout, il convient de souligner l’incroyable homogénéité des bâtiments, témoin exceptionnel de l’architecture hospitalière du Moyen-Âge.

Du 16ᵉ au début 18ᵉ siècle, le bâtiment principal évolue vers le quadrilatère, tel qu’on le découvre aujourd’hui, afin de s’adapter aux besoins de l’hôpital et du couvent.

Après la Révolution française, c’est la ville qui prend en charge la gestion de l’hôpital.  Face à la demande croissante de soins (entre autres à cause de l’exploitation de carrières de porphyre toute proches), un personnel laïque fait son entrée dans l’établissement et de nouvelles salles de malades sont aménagées vers 1830, puis 1860-1870. On assiste alors à une laïcisation progressive des structures d’aide sociale. Plus besoin d’être croyant pour recevoir des soins.

En 1980, date à laquelle le site cesse ses fonctions hospitalières, l’état de délabrement du lieu est tel que les autorités communales songent à raser les bâtiments endommagés par l’humidité, la mérule, la vieillesse et le manque d’entretien.

Une longue campagne de mobilisation se met en place pour sauver le site et trouver des financements pour les indispensables travaux de restauration. L’important chantier durera près de 20 ans.

En 1999, un dossier de valorisation touristique et culturelle est constitué. Il propose un circuit de visite plus riche et plus complet, qui vise à mettre en évidence la composante autarcique du site hospitalier mais aussi à illustrer la vie de la communauté des religieuses augustines et l’histoire de la médecine hospitalière.

 

Circuit de visite

Notre-Dame à la Rose est un exemple remarquable de symbiose entre religion et médecine. Les notions de foi, de sciences, de spiritualité, de souffrance et de remèdes s’y côtoient et s’entremêlent. On s’en rend compte en déambulant au gré des couloirs et des salles de ce lieu hors du commun.

Le circuit de visite comprend une vingtaine de salles – et des jardins – qui permettent de mieux comprendre la subtile alchimie qui liait différents acteurs : fondateurs, bienfaiteurs, malades, religieuses, soignants (médecins, chirurgiens, infirmières) ainsi que les autorités laïques à partir du 19ᵉ siècle.

Tout au long de la visite de nombreux thèmes sont abordés sous divers angles : la charité chrétienne, la vie religieuse, la richesse des collections d’art et des mobiliers (dons de généreux bienfaiteurs), la spiritualité, l’évolution des connaissances et des instruments médicaux, l’usage des simples en pharmacie, etc.

Bref, un parcours extrêmement riche et diversifié où chacun puisera ce qui l’inspire le plus.

La salle des fondateurs

La visite commence par une salle en sous-sol où l’on découvre une maquette de l’ensemble du site. Un petit film retrace l’histoire des lieux.

La salle conventuelle

Un ascenseur nous mène ensuite au premier étage où nous découvrons la salle conventuelle, avec une première galerie de tableaux et la reconstitution d’une cellule individuelle.

On y apprend que cette aile du bâtiment date des années 1530-1540 et qu’il s’agissait à l’origine d’une grande salle commune. Puis, au 19e siècle la communauté l’a transformée en aménageant de petites chambrettes individuelles, répondant ainsi au besoin d’intimité des soeurs.

Les excellentes explications de l’audioguide nous éclairent sur le quotidien des religieuses Augustines mais aussi sur leurs motivations et leurs sources d’inspiration. On comprend ainsi comment la souffrance, qui faisait partie de leur quotidien, était aussi source de rédemption et de salut éternel.

On devine la complexité du cheminement mystique de ces religieuses en observant les objets exposés, comme cet extraordinaire tableau anonyme du 16e qui propose une allégorie de la vie religieuse.

Lamentation autour du Christ

Plus loin, un tableau plutôt déconcertant attire le regard. Il s’agit d’une oeuvre du 16e siècle qui représente un Christ barbu entouré de saintes femmes. Il y est peint avec une poitrine féminine.

Une telle iconographie est très rare, même si le thème du Christ maternel et nourricier est présent dans les écrits des plus grands mystiques chrétiens. L’inscription en-dessous du tableau nous éclaire quelque peu sur le sens que pouvaient lui donner les religieuses de Notre-Dame à la Rose.

Vous savez que la charité donne du lait à ses enfants pour les nourrir, et il me semble que ce lait ne peut se prendre autrement que le prend un enfant sur le sein de sa mère. Il le prend en y appliquant ses lèvres ; il s’en nourrit.

La salle du 17e siècle

La visite se poursuit par une succession de salles aux thématiques variées. Dans la salle du 17e siècle, des objets d’orfèvrerie et des tableaux de qualité témoignent de la prospérité de cette période pour les religieuses de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose. Mais c’est aussi une période sombre marquée par la peste qui réapparaît à Lessines.

La bibliothèque

Notre-Dame à la Rose possède un inestimable fonds d’archives qui remonte à sa fondation, au 13e siècle. Celui-ci recèle des pièces importantes : bulles papales, cartulaires, chartes, règles et statuts de l’institution, etc.

L’institution compte aussi quelques 3500 livres, principalement des ouvrages pieux car les connaissances médicales étaient transmises oralement de religieuse expérimentée à novice. Certains de ces ouvrages sont exposés dans la salle bibliothèque.

La salle Saint Augustin

La salle suivante est dédiée à Saint Augustin. Sa règle, souple et bien adaptée à la vie hospitalière, insiste sur le principe de charité, car c’est en prenant soin des plus démunis et des malades, que l’on se rapproche de Dieu.

L’infirmerie des sœurs

Réservée aux seules religieuses, l’infirmerie des soeurs est éloignée des autres lieux de vie de la communauté afin d’éviter tout risque de contagion. Le décor est sobre, plus religieux que médical.

Nous poursuivons notre exploration des salles du premier étage (cabinet de la Dame Prieure, salle de Monseigneur, …), qui donnent toutes sur de longs couloirs éclairés par la lumière de la cour centrale du bâtiment en carré, où d’autres vitrines dévoilent les 1000 trésors de ces lieux chargés d’histoire(s).

Le cloître et son jardin intérieur

Nous redescendons ensuite au rez-de-chaussée où un superbe cloître de style gothique donne accès à d’autres pièces et lieux de vie riches en enseignements : la salle des étrangers, la pharmacie, la cuisine, le réfectoire et enfin la chapelle et les salles des malades.

L’unité architecturale de ce cloître est d’autant plus remarquable que sa construction s’est étalée sur quatre siècles. Autre particularité qui le distingue des cloîtres monastiques traditionnels : il est entouré de galeries à arcades fermées par des vitraux.

Le cloître donne accès à une jardin intérieur, conçu comme un lieu de repos et de méditation, un espace jadis réservé aux sœurs (le public n’ayant accès qu’à la chapelle et à la salle des étrangers).

L’harmonie des lieux est indéniable. Et les bancs judicieusement disposés invitent à se poser un moment, à songer à toutes les souffrances dont ces murs ont été les témoins muets et à regarder passer les nuages …

La pharmacie

Trois salles sont consacrées aux collections pharmaceutiques. C’est dire leur importance !

La pharmacie de l’Hôpital date du 19e siècle et fut fonctionnelle jusque dans les années 1940. Mais il semble que les sœurs aient disposé d’une pharmacie au 18e siècle. Et auparavant, la plupart des remèdes se préparaient à la cuisine !

Les meubles de pharmacie sont remarquables, tout comme les pots, mortiers et pilons des 18e et 19e siècles.

Les collections pharmaceutiques témoignent de l’évolution des idées et des techniques du Moyen Âge à nos jours.

Soucieuses de se tenir au courant des progrès dans l’art de préparer les remèdes, les apothicaires de l’hôpital Notre-Dame collectionnaient les ouvrages de référence.

Au 19e siècle, la supérieure Marie-Rose Carouy inventera un médicament révolutionnaire, à la fois antiseptique et cicatrisant : l’Helkiase. Cet onguent permettait de traiter différents problèmes de la peau : brûlures, érésipèle, ulcères, eczéma … Il a connu un succès international jusque dans les années 1935-40., date à laquelle il fut abandonné à cause de ses effets secondaires.

Le réfectoire

Après une rapide incursion dans la cuisine située en angle, on aboutit à l’une des pièces maîtresses de la visite : le réfectoire. C’est ici que les religieuses prenaient leur repas en silence. Le décor est somptueux : une imposante cheminée gothique et 14 tableaux remarquables surmontant des murs lambrissés. Il est clair qu’ici les nourritures n’étaient pas que terrestres …

Chaque tableau présente, dans un coin inférieur, un portrait du donateur : bourgeois de la région, membre des familles des religieuses ou supérieure de l’institution. Ces œuvres d’art sont révélatrices du lien à la fois matériel et spirituel qui unissait l’hôtel-Dieu à ses bienfaiteurs.

La chapelle

À l’autre bout du cloître, la chapelle est contiguë à la salle des malades afin qu’ils puissent participer aux offices depuis leur lit.  Elle aussi est richement décorée, cette fois d’une maître-autel baroque et de statues polychromes.

Les salles des malades

Juste à côté, la première salle des malades date du 17ème siècle. Elle me fait immédiatement penser à la « grande salle des pôvres » des splendides Hospices de Beaunes que j’ai eu l’occasion de visiter il y a quelques années.

Elle est tout à fait représentative des théories scientifiques de l’époque. Les médecins pensaient que le corps était parcouru par diverses humeurs, qui étaient responsables des maladies si elles se viciaient. Il était primordial de maintenir un air aussi sain et frais que possible. La salle était donc non chauffée, haute de plafond avec des fenêtres haut placées pour faire circuler l’air et évacuer les miasmes.

Deux rangées d’alcôves abritaient une trentaine de malades. On peine à imaginer comment une telle disposition pouvait contribuer à guérir les malades …

Dans le prolongement de cette première salle, une deuxième, construite au XIXe. Ici, le bois et l’étain laissent la place au métal et au verre, à la faïence et à la tôle émaillée, matériaux plus hygiéniques.

Face aux lits, une série de vitrines renferment d’innombrables instruments et accessoires médicaux. Cette impressionnante collection retrace l’état des avancées médicales et l’évolution des techniques de diagnostic. Un ensemble très riche et intéressant, même s’il est parfois glaçant  …

Il serait trop long de détailler ici la richesse du matériel médical exposé.  On y trouve des collections de clystères, de ventouses, des bols à saignées, des trousses de médecin avec scies pour amputation, des trousses de trépanation, des bocaux pour crachats ou encore une collection d’yeux de verre … Heureusement, l’audioguide fournit des explications tout à fait passionnantes. Vous y passerez sans aucun doute un moment édifiant.

Au-delà de ces vitrines, on se dirige doucement vers la sortie et vers les autres bâtiments et espaces liés à cet extraordinaire complexe hospitalier. D’une fenêtre, on aperçoit la Dendre qui coule sous nos pieds. Décidément, rien ne manque à cet ensemble autarcique.

La ferme

Jugée indispensable au Moyen Âge pour pourvoir aux besoins des malades pauvres et de la communauté des religieuses, la ferme initiale s’agrandira progressivement grâce à de nombreux dons reçus au 14e et 15e siècles. Plus de 450 ha de terres labourables, bois et pâtures appartiendront aux sœurs de Notre-Dame à la Rose. Les terres fournissaient blé, froment, avoine, pois, fèves et huile pour l’Hôpital.

À l’origine, quatre frères convers prirent en charge les travaux de la ferme. Mais dès le 16e siècle et jusqu’en 1990, la ferme sera confiée à des ouvriers salariés.

Les bâtiments que l’on voit aujourd’hui datent du 17e siècle. Ils comprennent étables et écuries et un pigeonnier central. Une passerelle enjambe la Dendre et assure la jonction entre la ferme et l’Hôpital.

Aujourd’hui reconvertie en centre culturel, la ferme restaurée accueille divers spectacles et expositions.

La cour des malades

Le circuit de visite démarre et aboutit à la cour des malades. Accessible aux malades à partir du 19e siècle, cette cour permettait aux plus valides de prendre un bol d’air comme le  recommandaient leurs médecins.

La cour est aujourd’hui transformée en terrasse où se poser et déguster une spécialité locale après une longue visite. Au passage, vous admirerez le splendide tilleul planté en 1880.

Le jardin des simples

En face, au milieu du long mur blanc qui ferme un côté de la cour des malades, je vous invite à pousser la porte du jardin des simples. C’est là que les sœurs cultivaient quelque 120 espèces de plantes médicinales et condimentaires ainsi qu’un verger.

Bon à savoir : la région de Lessines et Flobecq était jadis connue pour la culture des simples (plusieurs centaines d’hectares leur étaient consacrées). Une industrie spécialisée dans la transformation des plantes (séchage, broyage etc.) s’est développé en parallèle, qui fourniront aux industries pharmaceutiques du pays et même à l’étranger. Les plantes cultivées sont des espèces locales, bien adaptées au terrain : camomille, angélique, valériane et bien d’autres.  l n’en reste quasi rien aujourd’hui. À peine quelques champs d’angélique.

La glacière

Enfin, au fond du jardin de simples, quelques marches vous mèneront vers le jardin suspendu où se trouve la glacière.

Le puit proprement dit est une construction de briques avec voûte hémisphérique, de 8 m de diamètre et 10 m de haut dont le fond est creusé d’un conduit circulaire destiné aux eaux de fonte; afin de diminuer la chaleur, les murs étaient tapissés, durant l’emploi, de bottes de paille.
La glace était sciée pendant l’hiver sur la Dendre et remplissait le puits; de cette manière, on pouvait encore trouver, au mois d’août suivant, environ 1,50 mètre de glace destinée aux compresses des malades, à la confection de boissons rafraîchissantes et à la conservation des viandes. La glacière de l’hôpital de Lessines fonctionnait encore durant la première guerre mondiale.

Voilà qui conclut cette visite que je vous recommande chaudement. Vous y plongerez dans un monde révolu mais qui soulève bien des questions qui restent d’actualité !

L’Hôpital Notre-Dame à la Rose en pratique

  • Adresse: Place Alix de Rosoit, 7860 Lessines, BE
  • Horaires: du mardi au vendredi, de 14h à 18h ; weekend & jours fériés, de 14h à 18h30.
  • Terrasse: ouverte dès 12h
  • Durée de la visite : prévoir minimum 2h
  • Prix: 13 € adultes, 12 € seniors, 8 € enfants 6/12 ans, 10,50 € étudiants, gratuit – 6 ans.
  • Audioguide : compris dans le prix d’entrée. 6 langues
  • Visite guidée : samedi, dimanche et jours fériés à 15h
  • Site web : notredamealarose.be

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