La promenade des remparts du Quesnoy est l’une des belles surprises de notre semaine en Avesnois. Non seulement la ville a eu la bonne idée de préserver et entretenir ses fortifications mais elle a aussi su tirer parti de ses douves et du système hydraulique défensif pour créer une zone naturelle propice à la promenade et fort agréable.

Juin 2020. Toute proche de la belle forêt de Mormal, la paisible cité quercitaine est une étape incontournable sur la route des villes fortifiées du Nord. D’autant plus qu’elle a su transformer ses fortifications austères en un véritable «poumon vert». De sorte que le plaisir est double dès lors qu’on réconcilie nature et histoire.  Plusieurs panneaux explicatifs jalonnent la promenade.

Le Quesnoy, ville forte

Ce qui frappe dès l’entrée dans la ville, c’est l’état des fortifications, étonnamment bien conservées et mises en valeur. La ville s’enorgueillit d’ailleurs d’être la deuxième ville de France (après Carcassonne) à avoir conservé des remparts si complets et en si bon état.

Place forte dès le Moyen-Âge

Fondée vers 1150 sur une crête de partage des eaux entre deux affluents de l’Escaut, Le Quesnoy est dotée dès sa création d’un château et de remparts. La première enceinte, composée de murailles crénelées avec chemin de ronde, est ponctuée de tours circulaires et précédée par un fossé inondé en certains endroits.

À partir de 1527, sous les Espagnols, l’enceinte médiévale est remplacée par un ouvrage défensif bastionné. Le système d’inondations défensives est amélioré et divisé en trois bassins principaux.

L’empreinte de Vauban

Assiégée plusieurs fois par la France et les Pays-Bas, la ville est prise sous Louis XIV et définitivement rattachée à la France par le traité des Pyrénées de 1659.

Les fortifications, mises à mal par les Espagnols, sont renforcées et modernisées par Vauban. On passe alors de 5 à 8 bastions. Les fossés sont remplacés et les parapets surélevés. On ne garde à cette époque que deux portes d’accès à la ville.

Entre 1668 et 1673, Vauban va améliorer les défenses construites par les Espagnols afin de faire du Quesnoy une place imprenable, car située en première ligne du fameux «Pré Carré», une double ligne de places fortes barrant la plaine des Flandres pour protéger efficacement le royaume de France.  La place forte prend ainsi la forme d’un vaste octogone d’environ 3,5 km de long flanqué de 8 bastions protégés par des ouvrages extérieurs (tenailles, demi-lunes,…) et des fossés inondables. (source)

Au XIXe siècle, on ajoute des casemates maçonnées ou terrassées dans les différents ouvrages.

Des fortifications restaurées et entretenues

Déclassées définitivement en 1901, les fortifications, d’abord laissées à l’abandon et conquises par la végétation, seront restaurées par la ville à partir des années 1980 et régulièrement entretenues. Pour les défenses hydrauliques, deux des trois bassins existent encore et sont entretenus a minima par un curage périodique.

Mémorial néo-zélandais

Chemin faisant, nous avons découvert un monument dédié aux troupes néo-zélandaises qui ont libéré Le Quesnoy au cours de la Première Guerre mondiale. Un mémorial situé dans les remparts l’atteste, tout comme les noms maoris de certaines rues de la ville.

Après quatre années d’occupation allemande, le 4 novembre 1918, Le Quesnoy est libéré par les forces néozélandaises. A l’issue d’une héroïque escalade des remparts, emmenée par le Second-Lieutenant Averill et d’âpres combats dans le centre du bourg, la Division néo-zélandaise vient à bout des 1500 soldats allemands tapis en ville. Mais les libérateurs enregistrent de lourdes pertes : 400 soldats néo-zélandais blessés et 93 tués.

Un circuit-promenade pour découvrir la ville forte sous toutes les coutures

Un circuit-promenade très agréable (4-5 km) permet de faire le tour de la ville et de ses remparts. Il serpente au pied des remparts ou en hauteur et offre de bien belles perspectives sur la ville et sur son système défensif.

Une application d’audio-guidage intitulée Walls and Gardens, réalisée en 2014, est disponible gratuitement en 3 langues (français, anglais, néerlandais) sur l’Apple Store et Google Play.

Via l’application, le circuit peut être géolocalisé. Le visiteur est invité à déambuler à travers quatorze points-étapes, au départ du square Daniel-Vincent, tout en visionnant ou en écoutant les commentaires des guides. Un circuit ludique s’adresse aux enfants.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.