Après une ultime vague de chaleur, l’été vient de tirer sa révérence. Et l’automne a fait une entrée mugissante dans nos vies déjà bien secouées ! Pluie, bourrasques et frissons. Le ciel se plombe et nous tombe sur la tête. Mais cela passera comme le reste ! Alors je guette une éclaircie pour partir sur les sentiers et admirer la riche palette de cette saison qui parle à mon âme.

Septembre 2020. Pour la plupart d’entre nous, septembre rime avec rentrée. Mais ce n’est plus vrai pour moi … un autre rythme s’installe désormais. La vie qui va, jour après jour, pas à pas, une saison après l’autre ! Jamais monotone.

Pour les cultivateurs, septembre est synonyme de récoltes et de vendanges. Pour les amoureux de la nature, il annonce les flamboyances de l’automne. C’est que la terre se fait généreuse avant de se préparer pour l’hiver. Quelle belle leçon !

J’aime l’automne, ses couleurs, ses odeurs et sa fraîcheur. Surtout en forêt. J’y retrouve avec délice les mille cadeaux de dame nature. Champignons élancés et mousses hirsutes, châtaignes offertes et noisettes à grignoter.

Je m’amuse à composer de jolis bouquets de feuilles d’or ou de pourpre. Je respire à plein poumon les senteurs de mousse et d’humus détrempé. Après les sécheresses de l’été, tout ce petit monde revit. Que c’est bon !

Solliciter ses cinq sens et multiplier les instants magiques

En toutes saisons, la forêt est un endroit magique pour se reconnecter à la nature. Surtout pour des citadins comme moi. La forêt de Soignes, à la fois si proche et si éloignée des trépidations de Bruxelles, est un lieu de ressourcement idéal.

Ecouter … les bruits de la forêt

La forêt s’aborde en silence, sans écouteurs et sans apport sonore extérieur. C’est la condition sine qua non pour s’ouvrir à la vie bruissante du sous-bois et de la canopée.

Entendez-vous les trilles des oiseaux ? Percevez-vous le bruissement du vent dans les branches et les craquements des troncs qui ploient sous la rafale ?

De plus, si vous marchez en silence, vous aurez peut être la surprise de découvrir une biche au détour du chemin. Cela m’est arrivé l’an dernier en plein après-midi. La surprise est de taille !

Admirer … les couleurs de l’automne

Dès le début de l’automne, la forêt de Soignes offre un festival de couleurs qui se décline du jaune pâle au rouge sombre en passant par toutes les nuances d’ocre et de fauve. Une pure merveille.

Sans oublier bien sûr les nuances de vert qu’apportent d’autres spécimens forestiers et le jeu des rayons du soleil à travers la ramure. Une véritable séance de chromathérapie.

Au fil de la marche en forêt, le rythme cardiaque ralentit, la pression artérielle s’équilibre. Pas étonnant dès lors que l’on (re)découvre les bienfaits de la sylvothérapie ou du Shirin Yoku (bain de forêt japonais) et que ces pratiques séduisent de plus en plus de citadins en mal de nature.

Humer … les senteurs des sous-bois

Respirer à pleins poumons, cela fait un bien fou. Au cœur de la forêt, la pollution cède la place à toute une panoplie d’odeurs et d’arômes naturels qui nous intriguent et titillent nos narines.

Mousses, champignons, humus, baies et fleurs … autant de parfums dont la forêt nous régale. N’hésitez pas à froisser une feuille ou à passer la main sur une écorce pour en sentir les arômes subtils.

Toucher …  pour apprivoiser un univers méconnu

Voici une autre façon de se connecter à la nature. Cette fois, c’est notre main qui établit le lien pour mieux appréhender le monde qui nous entoure. Nous retrouvons ainsi des gestes simples qui remontent à l’enfance : toucher pour identifier les formes et les textures, mémoriser les courbes et les ruptures, câliner ce vivant que nous tentons d’apprivoiser.

Enlacer le tronc d’un arbre. C’est presque devenu une mode … Mais il y a tant d’autres gestes simples à tester : caresser un tapis de mousse, si doux, si délicat ; tremper les doigts ou les orteils dans un filet d’eau glacée ; s’allonger sur un tapis de feuilles et savourer la caresse du soleil qui illumine la canopée.

Que de sensations oubliées … Ce contact physique si naturel, si vital, élargit notre champ de perception en nous reliant directement à notre environnement. Moments de pur bonheur !

Goûter … des saveurs oubliées ou inédites

La nature nous offre tant de choses à cueillir, goûter, grignoter … Elles sont à portée de main mais nous ne les voyons pas ou nous n’osons plus les goûter ! L’automne est particulièrement riche en fruits, champignons, baies et herbes …

Apprentissage de la forêt

Depuis toujours, j’aime la nature. Et comme beaucoup de citadins, j’ai des racines campagnardes. Mais j’ai surtout de délicieux souvenirs d’enfance. Chaque année en juillet, je troquais mes habits de citadine pour la salopette paysanne. Et dans le petit village ardennais où mon parrain était fermier, je participais à la fenaison avec mes cousines. Rien d’étonnant dès lors que l’odeur du foin coupé me fasse tant d’effet ! Elle ouvre la porte des souvenirs et me rappelle les moments heureux de mes vacances à la campagne.

La forêt, quant à elle, me rappelle les longues balades que je faisais avec mes parents sur les sentiers d’Ardennes ou de Suisse, puis plus tard avec mon mari et mes enfants dans les plus belles régions de France. Pourtant, j’avoue, à ma grande honte, très mal connaître la forêt. En effet, je suis souvent incapable de distinguer les différentes essences d’arbre que j’admire tant. Il y a quelque temps, une illustration postée sur Facebook fut pour moi un véritable électrochoc !

Prendre conscience que  je reconnais plus facilement le logo d’un produit (souvent futile) que le dessin d’une feuille d’arbre m’a vraiment interpellé ! J’ai donc décidé cet automne, de refaire l’apprentissage, en toute humilité, des choses apprises il y a bien longtemps … à l’école primaire !

Désormais, chaque fois que je pars en forêt, je m’attache à observer les différents types d’arbre et j’essaye d’en reconnaître les caractéristiques : écorce, feuille, fruit … J’ai aussi décidé de constituer un petit herbier pour garder une trace de mes découvertes. Avec le secret espoir de l’enrichir d’écrits glanés ou créés, de dessins et de photos prises ou collectées au gré de mes pérégrinations pédestres ou littéraires.

Alors, pour ne pas me tromper dans mon apprentissage solitaire, j’ai remplacé l’instituteur par la technologie ! J’ai téléchargé sur mon smartphone une très chouette appli : Plantnet. Bien pratique, cette appli permet de reconnaître n’importe quel type de plante, d’arbre ou de fleur.

Voilà un projet qui devrait occuper les beaux jours de cet automne naissant ! 😉

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.