J’ai un faible pour ces îles minuscules qui parsèment les baies de Bretagne. Saint Cado au coeur de la Ria d’Etel est l’une d’elles. À mi-chemin entre terre et mer, elle attire les amateurs de lieux paisibles et harmonieux.

Janvier 2020. Nous profitons d’une éclaircie pour partir à la découverte d’une perle bretonne. Un coin de paradis où le ciel et la mer se rejoignent en un ballet étonnant de nuages et de lumières changeantes.

L’île de Saint Cado

La petite île de Saint Cado est un lieu hors du temps ! Une vingtaine de maisons, un calvaire, une chapelle et une fontaine … un concentré de Bretagne au milieu de la rivière Etel (commune de Belz, Morbihan).

Reliée à la terre ferme par un pont digue récemment restauré, l’île est accessible à pied uniquement (sauf pour les riverains).

La petite île a eu son heure de gloire puisqu’elle fut jadis le premier port sardinier de la ria. Assoupie aujourd’hui, elle coule des jours paisibles et se laisse photographier ou peindre sans sourciller.

La légende du pont de l’’île de Saint Cado      
Saint Cado voulait construire un pont pour faciliter l’accès à son oratoire. Toutefois, l’ouvrage ne résista pas aux assauts de la mer. Le diable lui proposa alors un pacte: il l’aiderait à construire un pont plus résistant à condition de recevoir la première âme qui le traverserait. Saint-Cado accepta. Mais lorsque le pont fut achevé, la première créature que Saint Cado y fit passer était … un chat !

Un petit sentier fait le tour de l’île. Il passe à l’arrière des maisons de pierre aux jolis volets de bois, avec vue sur les petits jardins entourés de murets ou de haies. De-ci, de-là une minuscule jetée pour mettre à l’eau l’une de ces petites embarcations qui sillonnent la ria.

En ce début d’année, le calme est absolu. Et une jolie lumière baigne ce décor apaisant.

La chapelle de Saint Cado

Depuis le pont, en prenant la première ruelle qui monte vers le centre de l’île, nous aboutissons à la chapelle romane dédiée à Saint Cado et construite par les moines de l’abbaye de Quimperlé au 12ème siècle.

La tradition attribue la fondation de la chapelle à Saint Cado, moine gallois. Chassé par les Saxons en 525, il vient se réfugier sur cet îlot désert de la ria d’Étel. Il s’y installe en ermite et se consacre à l’évangélisation du pays. L’ermitage devint monastère. Mais en 1089, il redevient simple prieuré dépendant des moines bénédictins de Quimperlé, qui construisent la chapelle actuelle, restaurée en 1959. La sacristie et la chapelle sud furent ajoutées en 1842.

Malheureusement fermée en cette saison, nous n’aurons pas l’occasion de visiter l’intérieur de la chapelle.

Le calvaire

Tout à côté de la chapelle, au milieu du placître (nom donné à l’espace « clos » d’un enclos paroissial), un imposant calvaire. Erigé en 1822 sous l’instigation du curé de Belz, il possède trois larges escaliers menant sur une plateforme délimitée par 4 piliers carrés surmontés de pinacles ornés de têtes d’anges et de langues de feu. Autrefois, le jour du pardon (le troisième dimanche de septembre), le clergé s’y tenait pour le chant des vêpres, la prédication et la direction de la procession.

La fontaine à fleur d’eau

En contrebas de la chapelle, à fleur d’eau, une fontaine surmontée d’une croix sculptée. Erigée au XVIIe siècle, restaurée en 1936, elle est protégée de la mer par un enclos de pierre. À marée montante, l’eau l’envahit et monte jusqu’au bassin.

L’îlot Nichtarguér et la maison des huîtres

En face du pont de Saint-Cado, un îlot émerge. Un minuscule bout de terre d’à peine 25 mètres de diamètre à marée haute. À marée basse, une bande de sable d’une centaine de mètres apparaît.

L’îlot est surtout connu pour sa maison aux volets bleus et au toit d’ardoises roussies par le lichen. À marée haute, elle semble flotter sur l’eau. Une bien jolie carte postale pour les amateurs de Bretagne.

Construite en 1894, la maison a donné son nom à l’îlot Nichtarguer. En effet, le nom actuel proviendrait de la fonction de la maison, (an istr er gêr, étant l’association de istr, les huîtres et gêr la maison).  L’îlot Nictarguer serait donc l’îlot de la maison des huitres. Et de fait, la maison abritait le gardien des parcs ostréicoles qui entourent l’îlot. Aujourd’hui inhabitée, la maison, qui fait partie du domaine maritime, est entretenue par la mairie de Belz.

Cette maison est devenue l’emblème de Saint Cado.

La ria d’Etel

Avant de me perdre dans ce coin du Morbihan, j’ignorais totalement ce qu’était une ria ! En fait il s’agit d’une vallée fluviale formant un estuaire, envahie par la mer à marée montante.

Plus au nord, les bretons les appellent aber (mot celtique signifiant estuaire) mais ici, c’est le terme ria qui est utilisé (d’origine galicienne) pour désigner cette baie étroite, parsemée d’îlots et s’étirant sur plus de 22 km.

Les couleurs et les lumières changeantes de la ria attirent de nombreux peintres et les photographes.

La baie formée par la ria d’Etel est parsemée d’îlots. D’avril à septembre, il est possible d’en faire le tour en bateau. À partir du port d’Etel, la compagnie Navix vous emmène pour une croisière de 1h30 sur la ria.

Ici, on pratique la pêche à pied et différents sports nautiques (kayak, voile, stand up paddle …).

D’innombrables sentiers longent la ria d’Etel. La promenade n’y est jamais monotone !

En ce lieu protégé, propice à la contemplation, l’homme et la nature vivent en harmonie. La faune et la flore y sont riches.  Les rives de la ria abritent de nombreux oiseaux marins et migrateurs : sternes, hérons, cygnes et cormorans trouvent ici un abri parmi les genêts et les bruyères.

Mais la spécialité de la ria, c’est l’élevage des huîtres. 75 entreprises de conchyliculture y produisent quelque 3.000 tonnes d’huîtres par an.

Pont Lorois

Un seul pont traverse la ria d’Etel, le Pont-Lorois qui relie Belz à Plouhinec, sur la route de Lorient à Quiberon. C’est le troisième pont construit à cet endroit. Le premier fut détruit par la tempête en 1894, le deuxième par la résistance et les alliés en 1944. Le pont actuel date de 1956. Du pont, la vue sur la ria est superbe.

La barre d’Étel

À l’embouchure de la ria, la barre d’Étel est un banc de sable en perpétuel mouvement, formé par le croisement des courants assez dangereux. Un sémaphore civil (seul sémaphore non militaire de France), construit en 1960, aide les bateaux à franchir la passe. Il est équipé d’un système de signalisation unique : le Mât Fenoux. C’est de cet endroit qu’on a le plus beau point de vue sur la barre et l’entrée de la ria.


De ce côté, les immenses plages de sable fin invitent à une longue promenade vivifiante.

En face du port d’Étel, à proximité du village du Magouër, un cimetière de bateaux témoigne de l’époque révolue de la pêche à la voile.

Le port d’Etel

Aujourd’hui port de plaisance apprécié des touristes, le port d’Etel était au début du XXème siècle l’un des plus grands ports de pêche au thon de la façade atlantique. 250 dundees (thoniers à voile) alimentaient les nombreuses conserveries de la région. Le Musée des thoniers témoigne de cette période.

La ria d’Étel en pratique

Un séjour dans l’un des villages qui borde la ria d’Étel vous ravira. Les locations saisonnières y sont nombreuses, tout comme l’offre hôtelière.

À faire

Pour les marcheurs

Quelques circuits pour découvrir tout à son aise la ria d’Étel et l’île de Saint Cado :

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