À mi-chemin entre le lac de Côme et le lac d’Iseo, au nord de l’Italie, Bergame déploie ses charmes  à l’ombre de son éminente voisine, Milan, distante d’à peine 50 km. Souvent oubliée des circuits touristiques, Bergame vaut pourtant largement le détour.

Avec ses 122.000 habitants, Bergame est la quatrième ville de Lombardie. La cité présente deux visages distincts : l’un moderne et trépidant … c’est la ville basse (Città Bassa) ; l’autre, historique et fortifié … c’est la ville haute (Città Alta) qui cultive les charmes d’un passé culturel très riche.

Bergame – Vue sur la ville basse depuis les remparts

Juillet 2016. Nous profitons d’un séjour au lac d’Iseo pour visiter la vieille ville de Bergame. Une demi-journée suffira pour faire le tour des principaux points d’intérêt. Mais il faudrait y consacrer un peu plus de temps pour découvrir toutes les richesses de la ville et de ses environs.

La Città Alta de Bergame

Vue d’en bas, la Città Alta ressemble à une forteresse imprenable. En effet, pas moins de cinq kilomètres de murailles l’entourent.  Elles datent du XVe siècle. Et tout comme à Ferrare, Lucques ou Grosseto, ces remparts sont demeurés intacts.

Montée en funiculaire

Le meilleur moyen de se rendre à la Città Alta est d’emprunter le Funicolare qui relie en quelques minutes la ville basse (depuis la Viale Vittorio Emanuele) à la Piazza Mercato delle Scarpe, dans la ville haute.

Cela permet d’éviter la grimpette vers la ville haute. De plus, ce funiculaire est une attraction en soi ! Depuis 128 ans il relie les deux niveaux de la ville. Sur une pente à 52%, deux wagons se croisent et font la navette toutes les 20 minutes.

Piazza Vecchia

Quelques pas à l’ombre des étroites rues pavées nous mènent à la Piazza Vecchia, le cœur de la Città Alta.

Centre de la vie politique et civile de la cité médiévale, c’est ici que se déroulaient les marchés, les fêtes, les processions …

Imprégnez-vous de l’atmosphère des lieux en vous attablant à l’une des terrasses qui bordent la place.

© photo visitbergamo.net

Vous pourrez ainsi admirer tout à votre aise l’austère façade du Palazzo della Ragione, le plus ancien palais communal d’Italie (1199). Remarquez le lion de saint Marc sur la façade. Il évoque la tutelle vénitienne.

Fontaine de Contarini

Au centre de la place, la fontaine de Contarini, est un cadeau fait à la ville par le podestat de la République de Venise, Alvise Contarini (1780). Toutefois, elle n’a pas toujours été là. De 1885 jusqu’au début du 20ème siècle, la fontaine a été remplacée par une statue de Garibaldi.

À l’autre bout de la place, face au Palazzo della Ragione, le Palazzo Nuova, tout en marbre blanc. Il fut pendant 3 siècles le siège de la municipalité de Bergame. Au XIXe il abrita l’institut royal technique et le musée des sciences naturelles. La façade monumentale date de 1928. Depuis cette époque le bâtiment abrite la bibliothèque Angelo Mai, l’une des plus importantes d’Italie. On y trouve de nombreux parchemins, manuscrits et incunables précieux.

Campanone

Construite entre les XIe et XIIe siècles, la tour municipale, qui se trouve à droite du Palazzo della Ragione, porte aussi le nom de Campanone (Grande Cloche). Haute de 52 mètres, elle abrite une grande horloge et une grosse cloche datant de 1656. Le haut de la tour est accessible à pied ou en ascenseur De là vous aurez une superbe vue sur la vieille ville.

À ne pas manquer : Chaque soir, à 22h, la grosse cloche au sommet du Campanone sonne 100 coups et fait ainsi revivre des temps lointains. En effet, sous la domination vénitienne, ces coups marquaient la fermeture des portes de la ville haute.

Piazza Duomo

Au-delà du Palazzo della Ragione, on aboutit à la Piazza Duomo où se concentrent les monuments religieux les plus emblématiques de la Città Alta : le duomo, la basilique, la chapelle Colleoni et le baptistère. Différents styles architecturaux se mélangent ici et racontent l’art, l’histoire et la vie de la cité.

Avant que la République vénitienne ne crée la Piazza Vecchia, c’est ici, à la Piazza Duomo que se situait le coeur médiéval de la ville, ici qu’étaient annoncés les décrets, ici qu’avaient lieu les échanges et les négociations.

Le Duomo

Dédié à Saint Alexandre, patron de Bergame, le Duomo est surtout intéressant pour son sous-sol. En effet, des travaux de rénovation effectué en 2012 ont permis de mettre à jour une partie de l’histoire de la première église chrétienne construite à cet endroit : une imposante cathédrale de 45 mètres de long et 24 mètres de large datant de l’époque romaine. Détruite au Moyen-Âge, elle sera remplacée par une cathédrale romane qui subira à son tour d’importantes rénovations un siècle plus tard. La façade actuelle, remaniée dans un style néo-classique, date du 19ème siècle.

La chapelle Colleoni

Édifiée entre 1470 et 1476, ce bijou d’architecture Renaissance est indéniablement le plus bel édifice de Bergame.

Sa façade richement décorée de marbre rouge et blanc est un chef-d’œuvre. A l’intérieur, une collection d’œuvres d’art (que l’on ne peut malheureusement pas photographier) : la statue équestre de Colleoni en bois doré (1493), des sarcophages en marbre ornés de bas-reliefs, le monument funéraire de sa fille Médée, …

Bartolomeo Colleoni a été parmi les plus célèbres condottières d’Italie. Soldat courageux, il passa sa vie à faire des guerres dans toute l’Italie, principalement au service de la République de Venise.

Sa vie est fortement liée à Bergame : ici il naquit, ici il revint au sommet de son pouvoir et ici il voulut être enterré. Les bergamasques sont donc très liés à son personnage et aux traces qu’il a laissé sur le territoire : de nombreux châteaux dans la plaine, au dense réseau de canalisation voulu par lui, jusqu’à la magnifique chapelle où il repose.

Le baptistère

A droite de la chapelle se trouve un petit bâtiment octogonal étonnant : le baptistère.Lors de sa construction, en 1340 il se situe à l’intérieur de l’église Santa Maria Maggiore, où il sert de fonds baptismaux. Il y restera jusqu’en 1661. Par la suite, il a été démembré et remonté deux fois. Il occupe sa place actuelle depuis la fin du 19ème siècle.

En architecture religieuse, rien n’est laissé au hasard. Au début du christianisme le huit est symbole de nouvelle vie. Le baptistère se caractérise donc par huit côtés ornés de fines colonnettes et de statues. À l’intérieur, huit bas-reliefs évoquent des scènes de la vie de Jésus. Elles furent réalisées par le sculpteur Giovanni da Campione (XIVe siècle). Enfin les huit statues de la coupole représentent les vertus : Foi, Espoir, Charité, Force, Justice, Prudence, Tempérance, plus Patience. Le tout surmonté de l’Archange .

© photo visitbergamo.net

Santa Maria Maggiore

La première pierre de la basilique Santa Maria Maggiore fut posée à la fin de l’épidémie de peste qui ravagea la région aux alentours de 1100. Démarrée au XIIe siècle, elle sera complétée et embellie au fil des siècles.

La cathédrale a la particularité de ne pas avoir d’entrée centrale. Les accès se font uniquement par les portes latérales. Nous pénétrons dans la basilique par le porche « des lions roses » construit en marbre blanc et rose au XIVe siècle. Il se démarque des murs en grès plus sobres.

La relative sobriété de la façade de la basilique ne laisse en rien deviner le faste intérieur. Ici tout n’est que débauche d’or et de stucs. On est surpris par l’incroyable richesse des fresques, peintures et mobiliers sculptés. Les énormes tapisseries de maîtres flamands étonnent par la vivacité des couleurs et leur état de conservation.

Remanié à plusieurs reprises, l’intérieur fut richement décoré au 16ème et 17ème siècles, dans les styles Renaissance, puis baroque. La splendide coupole octogonale est l’œuvre de Francesco Maria Richini (1614).

© Steffen Schmitz (Carschten) / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0

Plusieurs personnalités bergamasques sont enterrées dans la basilique. Parmi elles, le compositeur Donizetti. Son tombeau est une œuvre imposante en marbre blanc et gris sculpté, surmontée d’une statue figurant la muse de la Musique penchée sur une cithare.

Promenade à travers la vieille ville

La Città Alta s’organise autour de la Via Colleoni, l’artère principale, bordée d’anciens palais mais aussi de nombreuses boutiques, des restaurants et des glaciers. C’est là que se concentrent la plupart des touristes. Dès que l’on s’écarte de cette rue, il y a moins de monde. N’hésitez pas à vous promener un peu partout. Vous ne risquez pas de vous perdre, la Città Alta n’est pas grande.

Torre della Campanella et Piazza della Cittadella

A l’autre bout de la cité historique, la Tour de l’Horloge (Torre della Campanella) marque l’entrée de la Citadelle. Celle-ci témoigne de la puissance de la famille Visconti jusqu’en 1428, avant que la ville ne passe sous domination vénitienne.

Le complexe construit par Rodolfo Visconti, connu sous le nom de Hospitium Magnum, a subi de nombreuses modifications. Le porche des Visconti, avec ses arcs en ogive, a été restauré de 1958 à 1960.

Cet espace abrite une rue de l’époque romaine, une porte médiévale, un porche du XIVème siècle et des voûtes romanes. Bref, un concentré d’histoire en un seul lieu !

Passé le porche, vous découvrirez un coin de verdure confidentiel à l’ombre des vieilles pierres.

Les remparts de Bergame

Le système défensif de la Città Alta date de la République de Venise. Construits à partir de 1561, les remparts n’auront pourtant jamais servi, Bergame n’ayant jamais subi aucun attaque d’envergure.

Inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2017, les 5,2 kilomètres de remparts se composent de 14 bastions, 2 plates-formes, 100 ouvertures pour les canons, 2 poudrières auxquels il faut ajouter 4 portes d’accès à la ville haute.

Pour réaliser les remparts plus de 250 bâtiments ont été démolis, dont 8 religieux, parmi lesquels également la cathédrale de Sant’Alessandro et le monastère dominicain de Santo Stefano : c’était la raison des huit excommunications lancées pendant les travaux.

Porta San Giacomo

Construite avec en marbre blanc, c’est l’unique porte visible depuis la ville basse. Ancien accès des voyageurs venus de Milan, la porte était accessible par une route pavée qui donnait accès à un pont levis. Il fut démoli au XVIIIe siècle et remplacé par un viaduc.

Splendide panorama sur la ville basse et sur la plaine depuis la porte.

Que faire dans les alentours ?

Bergame est situé au coeur d’un paysage vallonné très vert. Lorsque vous aurez fait le tour de la Città Alta, dirigez-vous vers la Porta Alessandro pour prendre un autre funiculaire qui vous mènera en quelques minutes jusqu’au Castello San Vigilio d’où vous aurez une vue imprenable sur la ville et les collines alentours.

Le château San Vigilio

Le Castello San Vigilio était à l’origine une garnison romaine. Soumise à de nombreuses modifications et à des agrandissements à partir du XIVe siècle, elle fusionna au XVIe siècle avec le Fort de San Marco. Aujourd’hui, c’est devenu un parc public avec de très beaux points de vue.

Le Parc Régional des Collines de Bergame

Le parc couvre une superficie d’environ 4.700 hectares, allant des collines proches de Bergame aux zones de montagne, soit un dénivelé de 244 à 1146 m d’altitude.

Pour découvrir Bergame côté nature, rendez-vous à l’Office du Tourisme de Bergame pour acquérir la brochure dédiée (en anglais ou en italien).

  • La via del verde vous permettra de découvrir le château San Vigilio, le jardin botanique, un ancien monastère et l’église San Gratia inter Vites.
  • Une piste cyclable de 17 km, à travers forêts et campagnes, vous mènera au pied du sanctuaire de Sombreno.
  • 75 km de sentiers, escaliers et petites routes parcourent les douces collines qui entourent Bergame. Plusieurs itinéraires sont disponibles sur le site parks.it (en anglais et italien) ainsi qu’une carte des sentiers.

La cité ouvrière de Crespi d’Adda

À moins de 20 km de la ville de Bergamo, le village de Crespi témoigne de la première période d’industrialisation de l’Italie au XIXème siècle. Ce village d’ouvriers, tout à fait préservé dans sa disposition urbaine et son apparence architecturale, est inscrit depuis 1995 sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

A noter que l’usine de production textile a continué à fonctionner jusqu’en 2003.

© photo visitbergamo.net

Bergame en pratique

 

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