Partir plusieurs semaines sur les routes, traverser des paysages, changer d’horizon… Le voyage reste une promesse intacte, quel que soit l’âge.
Avec le temps pourtant, on apprend à voyager autrement : plus lentement, plus consciemment, en tenant compte de ses limites autant que de ses envies.
Voici, au fil de nos expériences, quelques repères pour continuer à prendre la route… sans s’épuiser.
Partir 4, 5 ou 6 semaines à la découverte de nouveaux pays reste, pour nous, une source d’enthousiasme intacte.
Mais lorsque la santé devient plus fragile, lorsque certaines contraintes s’invitent dans le quotidien, il n’est plus question de partir à l’aventure sans un minimum de préparation.
Dans notre cas, tout est affaire d’équilibre : doser les étapes, alterner route, visites et farniente, marier culture et nature, s’accorder des pauses … Et surtout, adapter le voyage à celui qui le vit.
Avec le temps, nous avons trouvé notre propre manière de faire — une forme de “slow road trip”, faite de détours, de respirations et de petits ajustements.
Voici, en toute simplicité, les règles qui nous permettent d’en profiter pleinement.
12 règles pour un road trip confortable … à tout âge
1. Trouver son rythme
Je reste convaincue que voyager est possible à tout âge. Mais cela suppose d’accepter une chose essentielle : adapter le voyage à son propre rythme. Nous limitons désormais les étapes à 500–600 km maximum par jour. Non pas par contrainte, mais pour préserver le plaisir de la route. Surtout si la conduite repose sur un seul conducteur.
Avec le temps, nos trajets se sont transformés en une succession de petites étapes choisies, souvent prolongées d’un jour ou deux pour découvrir un lieu au passage. Ainsi, à l’occasion d’un road trip en Croatie, nous avons fait étape en Allemagne et en Slovénie.
Pourquoi choisir la voiture ? Parce que, pour moi, la route fait partie intégrante du plaisir du voyage. J’aime conduire. Et même si cela prend plus de temps ou peut sembler plus fatiguant, je trouve cela plus confortable que l’avion ou le train. De plus, la voiture a deux avantages : pas de restriction de bagages ou d’équipement, ni d’horaires à respecter. Nous partons quand nous sommes prêts !

2. Préparer … sans figer
Pour moi, la préparation fait déjà partie du voyage. Je lis, je cherche, je note, je trace des itinéraires…
C’est une manière d’entrer doucement dans le pays avant même d’y être.
Mais j’ai appris à ne pas tout verrouiller. Un itinéraire, oui. Un programme rigide, non.
Laisser une place à l’imprévu, c’est aussi laisser une place à la magie.
Dans certains pays, trouver des guides détaillés en français ou en anglais n’est pas évident. C’est pourquoi, je commande les guides de base avant de partir. Et je complète mes informations avec la documentation que je trouve sur place.
3. S’ancrer dans un lieu
Nous restons en général 4 à 5 jours minimum au même endroit. C’est le temps nécessaire pour rayonner autour d’un point-étape, pour s’imprégner de son atmosphère, pour alterner visites et moments plus calmes.
Nous avons depuis longtemps renoncé à « tout voir ». Nous préférons habiter un endroit, même brièvement, plutôt que le survoler.
Voici un exemple de tempo et itinéraire pour un road trip en Italie : Bruxelles – Lac des 4 cantons en Suisse (2 nuits) – Cinque Terre (7 nuits) – Abbruze (7 nuits) – Lago Iseo (7 nuits) – Colmar (3 nuits) – Bruxelles. 3.300 km pour la boucle complète + quelques 700 km pour les escapades en étoile autour des 3 points fixes principaux. Avec une belle alternance de paysages (mer, montagne, lacs, collines et vignobles).

Autre exemple d’itinéraire lors de notre road trip dans le nord de la Croatie : Bruxelles – Ulm / Allemagne (2 nuits) – Bled / Slovenie (4 nuits) – Plitvice / Croatie (4 nuits) – Sveti Juraj / Côte dalmate (5 nuits) – Opatia / Est de l’Istrie (4 nuits) – Rovinj / Ouest de l’Istrie (4 nuits) – Chiemsee / Bavière (2 nuits) – Alsfeld / Hesse Allemagne (3 nuits) – Bruxelles.
4. Choisir des logements où l’on se sent bien
Avec les années, le logement n’est plus un simple point de chute. C’est un lieu de vie.
Nous privilégions des gîtes confortables, des lieux calmes et souvent un peu à l’écart. Nous fuyons les contraintes des hôtels et préférons découvrir des logements typiques, où démarrer la journée en douceur, entourés de verdure.

Je ne suis jamais passée par une agence de voyage. Je réserve tous mes logements en ligne. Sur l’une ou l’autre plateforme. En faisant très attention aux commentaires laissés par les visiteurs précédents pour éviter les mauvaises surprises.
5. Trouver le bon équilibre entre isolement et accessibilité
J’ai longtemps recherché des lieux très isolés. Aujourd’hui, je nuance. Un lieu trop reculé peut devenir contraignant : accès difficile, temps de trajet allongé, fatigue inutile. L’idéal : un endroit paisible… mais pas coupé du monde.
J’évite désormais les logements au « confort rustique » qui ne sont plus du meilleur effet pour nos vieux os !
Il nous est arrivé par le passé, même en Italie ou en France, de devoir faire 1/2h de route à peine carrossable avant de rejoindre une départementale et plus d’1h pour faire 30 ou 40 km …

6. Voyager sans stress
Le stress est l’ennemi du voyage – et encore plus lorsqu’il y a des contraintes de santé. Alors, depuis quelques années, pour voyager sereins, je prépare un road book où je note les coordonnées des logements, quelques repères de visite et d’autres informations utiles. Mais sans rigidité.
Voyager, c’est aussi savoir lâcher prise !
Je télécharge sur mon smartphone les applis nécessaires pour réserver des visites ou planifier des randos. Vive la technologie 😉

7. Penser ses bagages autrement
Avec le temps, nous avons changé notre manière de faire nos valises. Plutôt que de grosses valises, je prépare plusieurs petits sacs, organisés par usage. Cela simplifie énormément les étapes et évite de tout déballer à chaque arrêt.
Et bien sûr… une place non négociable pour les livres 😉
Un exemple concert : 1 sac de vêtements par semaine ou étape ; 1 sac dédié au matériel électronique & photo ; 1 kit cuisine ; 2 petits sacs à dos accueillant les casse-croûtes, thermos, etc. Sans oublier le plus important pour nous : la « tonne à bouquins », une « petite » valise qui nous suit depuis bientôt 20 ans, souvent très lourde …
8. Veiller à sa santé
C’est une évidence… mais une évidence à ne pas négliger. Médicaments, suivi, anticipation : tout doit être prévu. Voyager reste possible, mais cela demande désormais une organisation plus rigoureuse. Et finalement, cela fait aussi partie du voyage.
Pour éviter de revivre les frayeurs que nous avons eues lors d’un road trip en Italie (un médicament resté à la maison – impossible de se le faire envoyer par Europ Assistance – heureusement un pharmacien super serviable a fait toutes les démarches pour l’obtenir rapidement), nous avons désormais un kit pharma que nous préparons et vérifions méticuleusement avant chaque départ. Et pour l’anecdote, mon mari ne part jamais sans son pilulier électronique 😉

9. S’assurer … pour voyager l’esprit libre
On n’aime pas y penser, mais cela fait partie du cadre. Une bonne assurance permet de partir plus sereinement, en sachant que l’imprévu — s’il survient — pourra être géré.
10. Rester connecté … avec discernement
Internet est devenu indispensable : se repérer, réserver, s’informer … Mais il ne doit pas remplacer le regard. Une carte, un détour, une hésitation… font aussi partie du voyage.
Comme tout le monde, j’utilise mon GPS en cours de route … mais j’ai appris à vérifier les itinéraires sur une bonne vieille carte ou sur Google maps, pour avoir une vision globale de l’itinéraire. Surtout après avoir tourné en rond pendant près d’une heure sur des petites routes, à la recherche d’un gîte isolé dans les Abruzzes.
11. Prendre les chemins de traverse
Les autoroutes sont efficaces. Mais elles racontent peu. Les routes secondaires, elles, ouvrent des paysages, des villages, des surprises.
C’est souvent là que le voyage devient mémorable.
12. Garder une trace
Le voyage ne s’arrête pas au retour. Carnet, photos, blog… peu importe la forme.
Garder une trace permet de prolonger ce que l’on a vécu – et parfois de mieux le comprendre.
Dans mon cas, le blog est une manière de continuer à faire vivre le voyage. Mais il y a bien d’autres manières : dessiner, photographier, écrire, filmer, … tout peut prolonger la magie.
En conclusion
Avec les années, notre manière de voyager a changé. Moins rapide, moins exhaustive … mais infiniment plus habitée. Nous ne cherchons plus à accumuler des lieux, mais à vivre des moments, à ressentir des atmosphères, à nous laisser transformer.
Voyager devient alors autre chose : non plus une performance… mais une manière d’être au monde.
Et, d’une certaine façon, une manière de continuer à avancer.


