Partir 4, 5 ou 6 semaines à la découverte de nouveaux pays ou paysages est toujours excitant. Mais quand on est un couple de 65-70 ans avec  des contraintes médicales, plus question de partir à l’aventure sans un minimum de préparation !

Je vous livre ici mes petits secrets pour profiter au maximum de ces road trips qui nous font un bien fou !

Dans notre cas, il s’agit de bien doser les étapes, d’alterner route, visites et farniente (pour permettre à mon mari parkinsonien d’en profiter au maximum), de marier culture et nature (pour entretenir le corps et nourrir l’âme et l’esprit de chacun), de s’accorder des pauses quand l’envie nous prend, de prévoir des marches en solitaire (pour me défouler) et de réserver des logements confortables dans des lieux peu touristiques …

Bref, tout cela ne s’improvise pas. Voici ma formule magique 😉

Route du Col d’Isarbe dans les Pyrénées (FR)

12 règles pour un road trip confortable quand on prend de l’âge

Je suis convaincue que voyager est possible à tout âge, même lorsque la santé devient moins vaillante. Avec un minimum de préparation et à condition d’adapter le rythme de l’itinérance aux contraintes de chacun, il n’y a pas de raison de s’interdire des escapades plus ou moins longues. Mais il faut respecter certaines règles pour en retirer tout le bénéfice attendu !

  • Première règle : définir un circuit à votre mesure, en limitant les distances à 5-600 km maxi / jour.
    J’adore conduire ! Pas de problème donc pour avaler plusieurs milliers de kilomètres au cours de nos road trips … à condition de les fractionner pour rendre le voyage agréable. Ce fractionnement est indispensable dès lors que la conduite repose majoritairement sur un conducteur. Tout naturellement nous avons multiplié les étapes pour gérer la fatigue de la route … Ainsi, lors de notre récent road trip en Croatie, nous avons fait étape successivement en Allemagne et en Slovénie.Et tant qu’à faire, au lieu de programmer une « étape dodo », je la prolonge d’un jour au moins de manière à visiter au passage une ville ou découvrir une région que nous ne connaissons pas. Au fil du temps, nos voyages se sont morcelés en autant de sauts de puce et autant de micro-découvertes culturelles, naturelles ou historiques.

    Pourquoi choisir la voiture me direz-vous ? Parce que, selon moi, traverser un pays fait partie intégrante de sa découverte. Ensuite, parce que c’est nettement plus confortable pour nous que l’avion ou même le train. Certes cela prend plus de temps et peut sembler plus fatiguant (d’où les étapes relativement courtes) … mais la voiture a deux énormes avantages :  pas de restriction de bagages ou d’équipement, ni d’horaires à respecter. Nous partons quand nous sommes prêts !

Route secondaire dans la vallée du Rhône (FR)

  • Deuxième règle : préparer un itinéraire précis mais flexible.
    Pour moi, la préparation fait déjà partie du voyage ! Je passe des jours, voire des semaines à potasser les guides, les sites et les blogs de voyage et je prends note de tous les coins, incontournables, confidentiels ou typiques que j’ai envie de découvrir dans chaque région traversée.

    Conseil : Dans certains pays, trouver des guides détaillés (et de qualité) en français ou en anglais n’est pas évident. C’est pourquoi, je commande en ligne les guides de base et je me documente un maximum sur chaque pays avant de partir. Je complète ensuite mes informations avec la documentation que je trouve sur place, ou en me rendant dans les offices du tourisme ou les librairies locales.

Aperçu (restreint) de ma bibliothèque voyage

Une fois les destinations choisies et les principaux lieux repérés, j’établis un premier tracé sur Google Maps et je calcule les distances pour déterminer les meilleures étapes

  • Troisième règle : rester minimum 4-5 jours au même endroit.
    Selon notre expérience, 4-5 jours, c’est le strict minimum pour rayonner autour d’un point-étape, pour alterner visites culturelles et escapades nature dans un rayon de 70-80 km maximum autour d’un point fixe. Pas question de parcourir une région au pas de course pour cocher les cases d’une liste de choses à voir. Il y a bien longtemps que nous avons adopté le « slow tourisme » !Accessoirement, ce mode de fonctionnement nous permet aussi de poser nos sacs et de profiter tant soit peu de la magie d’un lieu.

    Seule dérogation : les micro-étapes intermédiaires, lorsque la distance entre deux étapes est supérieure à 600 km. Dans ce cas, nous restons 2 ou 3 nuits au même endroit, avec un focus bien précis.

Exemple d’itinéraire – road trip en Italie en 2016 : Bruxelles – Lac des 4 cantons en Suisse (2 nuits) – Cinque Terre (7 nuits) – Abbruze (7 nuits) – Lago Iseo (7 nuits) – Colmar (3 nuits) – Bruxelles.
3.300 km pour la boucle complète + quelques 700 km pour les escapades en étoile autour des 3 points fixes principaux. Avec une belle alternance de paysages (mer, montagne, lacs, collines et vignobles).

Route le long du Lac des Quatre Cantons (CH)

Autre exemple d’itinéraire – road trip nord de la Croatie en 2019 : Bruxelles – Ulm / Allemagne (2 nuits) – Bled / Slovenie (4 nuits) – Plitvice / Croatie (4 nuits) – Sveti Juraj / Côte dalmate (5 nuits) – Opatia / Est de l’Istrie (4 nuits) – Rovinj / Ouest de l’Istrie (4 nuits) – Chiemsee / Bavière (2 nuits) – Alsfeld / Hesse Allemagne (3 nuits) – Bruxelles.

Vue magique à Sveti Juraj – Croatie

  • Quatrième règle : réserver des logements confortables (selon vos goûts et besoins) 

    En matière de logement, clairement, pas question d’improviser !  Dans notre cas, nous préférons louer un gîte, une villa ou un appartement pour garder un maximum d’autonomie. À l’hôtel, nous nous sentons souvent à l’étroit (nous aimons avoir assez d’espace pour vivre chacun à notre rythme), et nous ne sommes pas prêts à dépenser des sommes astronomiques pour un suite qui répondrait à nos attentes !Nous aimons démarrer la journée en douceur, entourés de verdure, de préférence face à un beau panorama. Et je recherche en général des logements typiques, à l’image de ceux des autochtones.

Gîte typique à Equemauville (près de Honfleur) – Normandie

Conseil : Je ne suis jamais passée par une agence de voyage. Je réserve tous mes logements en ligne. Sur l’une ou l’autre plateforme (en fonction du pays) comme Airbnb, Gîte de France, Booking, Agriturismo, Fewo-direkt ou autre. En faisant très attention aux commentaires laissés par les visiteurs précédents (je les lis tous, du premier au dernier) pour éviter les mauvaises surprises et en recoupant les informations de diverses sources (attention, cela prend du temps !).

Quand réserver ? Nous partons généralement hors saison. Il est donc souvent possible de ne réserver que 2-3 mois avant de partir. Voire même 2-3 semaines pour les « escapades coups de cœur ».
Par contre, pour les road trips de plusieurs semaines et plus lointains, mieux vous réservez 4-5 mois à l’avance (entre autres pour avoir plus de choix au niveau des hébergements).

Terrasse panoramique – gîte à La Toussuire (FR)

  • Cinquième règle : trouver les bons points de chute
    Au fil du temps j’ai appris à tempérer mon goût pour les « coins paumés ». Certes, je cherche toujours des logements « isolés » mais je fais désormais attention à leur localisation (suffisamment proche d’un village ou d’une route décente) et j’évite les logements au « confort rustique » qui ne sont plus du meilleur effet pour nos vieux os (devoir « subir » des lits, voire même des fauteuils peu confortables pendant plusieurs jours … non merci !).

A lire : Cinque Terre – Une semaine au paradis

Je continue bien sûr à privilégier les endroits peu touristiques, les gîtes ruraux ou les villas perdues dans la nature. Toutefois, je reste attentive car je sais que cela peut avoir des inconvénients.

Sans oublier qu’ils sont parfois si loin de tout que l’on peut perdre un temps considérable si l’on n’a que quelques jours pour explorer une région (il nous est arrivé en Italie et en France de devoir faire 1/2h de route à peine carrossable avant de rejoindre une départementale et plus d’1h pour faire 30 ou 40 km …

La Lozère à perte de vue à La Baraque de l’Air (FR)

  • Sixième règle : éviter le stress
    Le stress et l’angoisse ne sont bons pour personne. Pire, ils peuvent aggraver les symptômes de certaines pathologies. Mieux vaut donc voyager serein en prévoyant un maximum !Pour assurer notre tranquillité d’esprit commune, pour chaque voyage, court ou long, je prépare un road book précis où je note, a minima, toutes les étapes et les coordonnées de tous les logements réservés. Il prendra la forme que vous voulez : tableau Excel avec calcul automatique des km, coordonnées GPS et numéros de téléphone des différents points de chute ; liste Word (indicative) des lieux à visiter et des activités à faire. A enregistrer sur votre tablette ou smartphone pour l’avoir toujours à portée de main.

    Et cela ne se limite pas à cela. Je planifie aussi une partie des excursions et des visites. Surtout lorsque nous visitons des pays dont nous ne maîtrisons pas la langue nationale.

    Toutefois, préparation ne doit pas rimer avec carcan. Je ne programme pas tout, au risque de nous imposer un rythme infernal … Voyager, c’est avant tout prendre du bon temps, ne pas hésiter à s’arrêter et se laisser porter par la magie d’un lieu !

Conseil : Dans tous les cas, je note les coordonnées des sites utiles pour pouvoir réserver via mon smartphone le moment venu. Ou, mieux encore, je télécharge les applis nécessaires sur mon smartphone. Vive la technologie 😉

Vue sur les Cinque Terre (IT)

  • Septième règle : multiplier sacs et valises.
    Pour un road trip de 4 à 5 semaines, plutôt que de tout engouffrer dans une ou deux grosses valises, je préfère préparer toute une série de plus petits sacs que j’utilise au fur et à mesure. Cela m’évite de sans cesse tout sortir et ranger. Et, avec le temps, j’ai appris à gérer et optimiser nos bagages !Concrètement : 1 sac de vêtements par semaine ou étape (tout dépend bien sûr de la longueur du circuit, du nombre d’étapes et du type d’environnement). Plus : un sac dédié au matériel électronique & photo ; un « kit cuisine » (ustensiles, épicerie de base, thés et café préférés) ; 2 petits sacs à dos accueillant les casse-croûtes, thermos, etc. (que nous utiliserons pour les excursions). Sans oublier le plus important : la « tonne » à bouquins !!! (toujours la même “petite” valise depuis bientôt 20 ans, souvent la plus lourde de toutes … même si nous avons aussi nos liseuses entretemps !)

  • Huitième règle : veiller à sa santé
    Avec l’âge, nous sommes nombreux à devoir suivre l’un ou l’autre traitement régulier. Si c’est votre cas, assurez-vous de prendre tous les médicaments nécessaires et prévoyez large. C’est d’autant plus important que certains médicaments varient d’un pays à l’autre ou ne sont tout simplement pas disponibles !

Pour éviter de revivre les frayeurs que nous avons eues lors d’un récent road trip en Italie (un médicament resté à la maison – impossible de se le faire envoyer par Europ Assistance – heureusement un pharmacien super serviable a fait toutes les démarches pour l’obtenir rapidement), nous avons désormais un kit pharma que nous préparons et vérifions méticuleusement avant chaque départ. Et pour l’anecdote, mon mari ne part jamais sans son pilulier électronique 😉 Un achat judicieux qui permet de ne jamais oublier une prise de médicaments !

Clairement, à partir d’un certain âge, le confort du voyage passe aussi par une gestion maîtrisée des paramètres vitaux.

Promenade digestive à Sellin – île de Rügen (DE)

  • Neuvième règle : bien s’assurer
    La prévoyance est la mère des sagesses ! On ne sait jamais … Problème de voiture, de santé ou autre, mieux vaut pallier toute éventualité. Ainsi, notre assurance annuelle Europe Assistance nous a déjà bien dépanné quand notre Ford Galaxy nous a lâché sur un parking de grande surface au fin fond de la France !En ce qui concerne les logements, selon les cas, je souscris ou non à une assurance annulation. Tout dépend quand les réservations sont faites. En tout cas, si j’ai réservé plusieurs mois à l’avance, je souscris systématiquement une assurance annulation ou je m’assure de pouvoir annuler jusqu’à la dernière minute (il m’est déjà arrivé de devoir annuler des vacances suite à un décès dans la famille – dans ce cas, pas besoin d’ajouter des soucis pécuniaires à la peine déjà présente).

Traversée du « petit Tibet » – Parc national du Gran Sasso (IT)

  • Dixième règle : rester connecté sans exploser son forfait
    Aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous passer de l’internet mobile … pour trouver le chemin, chercher une info, rester en contact avec la famille ou vérifier que tout se passe bien chez soi. C’est pourquoi, pour éviter d’exploser mon forfait data mobile, je m’assure que chaque hébergement soit doté de WIFI (tout en sachant pertinemment que son efficacité peut être toute relative selon le pays ou la localisation du gîte !).Comme tout le monde, j’utilise mon GPS en cours de route … mais je vérifie aussi les itinéraires sur une bonne vieille carte papier ou sur Google Maps, afin d’avoir une vision globale de l’itinéraire. Car j’ai déjà constaté que ,dans certains cas, il peut nous jouer des tours. (Ainsi, il nous a ainsi fait tourner en rond pendant près d’une heure sur les petites routes italiennes, à la recherche d’un gîte isolé dans les Abruzzes.)

    Enfin, selon votre destination et votre type de voyage, prenez le temps de dénicher et télécharger les applications qui pourraient vous être utiles (traducteur, guides de visite, applis rando, etc.).

Gîte près de Mimizan dans les Landes (FR)

  • Onzième règle : sortir des sentiers battus
    Plutôt que d’emprunter systématiquement les autoroutes, certes plus rapides mais beaucoup moins intéressantes, n’ayez pas peur de prendre des chemins de traverses. Ils vous feront traverser de magnifiques paysages et découvrir des villages et des coins au charme insoupçonné.Prenez le temps d’étudier les cartes pour trouver les meilleurs itinéraires et points de vues, plutôt que de vous fier aveuglément à la voix suave de votre GPS.

Route panoramique dans le Vercors – France

  • Douzième règle : tenir un carnet de voyage

Les bonnes choses ont toujours une fin … Alors, pour se souvenir le plus longtemps possible de votre escapade, prenez des notes, gardez-en une trace !

Dans mon cas, le blog est bien sûr une manière de continuer à faire vivre le voyage. Mais il y a bien d’autres manières de le faire. Dessiner, photographier, écrire, filmer, enregistrer, … les possibilités sont infinies.  Quels que soient vos talents et votre créativité, prolongez la magie une fois rentré chez vous en mettant en forme ces souvenirs. Vous serez ravis de les retrouver par la suite, lorsque vous évoquerez vos voyages, des mois ou des années plus tard.

Route panoramique dans le massif du Velebit – Croatie

 

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