Borgloon. Une petite ville de la Hesbaye limbourgeoise dont j’ignorais tout jusqu’il y a peu. Mais Instagram et le Covid sont passés par là !  En quête d’escapades de proximité, j’ai découvert des photos étonnantes qui sont à l’origine de cette excursion champêtre.

Mai 2021. Aujourd’hui je vous invite à me suivre pour une promenade printanière à travers vergers, vignes et prairies. En ce début de mai frisquet, la campagne se pare d’infinies nuances de vert tendre, pointillées de blanc et de rose. Un véritable tableau impressionniste.

Il ne faut pas plus d’une heure de route à partir de Bruxelles pour changer radicalement de décor. Point de départ de la promenade du jour : Borgloon au sud du Limbourg (entre Saint-Trond et Hasselt). Une petite ville flamande qui a su sortir de l’anonymat et mettre en valeur ses paysages et son patrimoine.

Sortie nature par monts et par vergers

À Borgloon et alentours, la campagne est doucement vallonnée. C’est parfait pour une promenade sans difficulté tout en profitant de quelques beaux points de vue sur les environs.

La région de Saint-Trond et de Borgloon est connue pour ses arbres fruitiers. À partir du mois d’avril, ils revêtent leur robe de printemps. Blanche pour les cerisiers et les poiriers, rose et blanc pour les pommiers. Un bien joli décor pour une agréable balade à pied ou à vélo.

Bon à savoir : pour savoir où en est la floraison des pommiers, poiriers ou cerisiers, vous pouvez consulter le baromètre des arbres en fleurs sur le site de l’office du tourisme de Saint-Trond.

Un balisage très efficace vous gardera à tout moment sur le bon chemin. Quatre itinéraires de 4 à 12  km à travers champs et vergers, avec de jolis coins pour pique-niquer et de nombreux bancs pour se reposer ou admirer le paysage.

Le chemin longe ou traverse des milliers d’arbres fruitiers qui créent de gigantesques bouquets de fleurs. De-ci, de-là des empilements d’énormes caisses en bois attendent les prochaines récoltes.

De l’arbre au sirop

Au début du siècle dernier, Borgloon était un centre de production de sirop. À tel point qu’on a surnommé les habitants des « strooplekkers » (lécheurs de sirop).

La stroopfabriek (usine de fabrication du sirop) fondée en 1878 a cessé ses activités en 1988. En 1999 une partie de l’usine a été classée. Et depuis 2019, après une profonde rénovation, elle héberge un « centre d’expérience du fruit » où l’on peut découvrir l’histoire du sirop de Borgloon. S’y trouvent aussi l’office du tourisme et un magasin de produits régionaux ainsi qu’un bistro.

Transformation de la partie historique de la siroperie en musée. Crédit photo : bailleul.be 

Speelboomgaard

Au milieu des prairies et des vergers, le speelboomgaard est un grand verger où les enfants pourront jouer et expérimenter. Un lieu paisible (en tout cas lors de notre promenade) où chacun peut se reposer ou pique-niquer.

Un riche passé et des projets artistiques étonnants

En préparant la promenade, je me rends compte que la région a bien d’autres choses à offrir que sa belle nature et ses arbres fruitiers en fleurs.

Je découvre ainsi que toute une série d’œuvres d’art sont disséminées dans la nature aux alentours de Borgloon. Nous n’en verrons que trois au cours de cette promenade mais j’ai bien l’intention d’y retourner pour en découvrir d’autres.

Bon à savoir : Les œuvres d’art que nous découvrirons font partie du projet PIT, « art en espace ouvert », initié par le centre d’art contemporain Z33. Il se situe à l’intersection de l’art, de l’architecture et du paysage. Chaque oeuvre invite le promeneur à changer de regard sur son environnement.
Il est possible de se procurer une carte de toutes les « installations » du projet PIT à l’office du tourisme de Borgloon.

Reading between the lines : une incroyable église transparente

À Borgloon, presque tous les chemins convergent vers ce point focal au nom énigmatique : Reading between the lines. Ou comme on l’appelle ici, plus prosaïquement, la doorkijkkerk (l’église transparente).

Vous en avez peut être déjà entendu parlé ou vous l’avez aperçue dans la presse ou sur les réseaux sociaux. Il est vrai que cette œuvre singulière, posée au milieu des champs, ne passe pas inaperçue. Et elle fait le bonheur des photographes et des instagrammeurs tant elle est photogénique !

Cette œuvre monumentale de 10 mètres de haut se compose de 100 couches superposées de plaques d’acier Korten, soit au total 30 tonnes d’acier. Une structure à la fois terriblement solide et fabuleusement légère.

À la manœuvre, un duo de jeunes architectes belges Gijs Van Vaerenbergh (ce nom étant en fait la contraction de deux noms : Pieterjan Gijs et Arnout Van Vaerenbergh). Leur projet, démarré en 2007, prend vie en 2011 grâce à la collaboration avec le centre d’art contemporain basé à Hasselt, Z33.

Reading between the lines (lire entre les lignes) fait partie de ce parcours artistique qui réunit des œuvres de quelques dizaines d’artistes de la région de Borgloon-Heers.

Située sur une colline d’où l’œil glisse à perte de vue sur les vergers, les champs et les vignes environnantes,  l’œuvre nous invite à repenser notre conception du visible et de l’invisible, à réfléchir à notre perception du temps et de l’espace. Quelle que soit la distance ou l’angle sous lesquels on l’aborde, l’œuvre se donne à voir de manière différente. Par moment, elle se fond littéralement dans le paysage, au point qu’on se demande si notre imagination ne nous joue pas des tours. A d’autres, elle semble si compacte et monolithique qu’on n’imagine même pas pouvoir y pénétrer.

Les effets de transparence dépendent de la position du soleil, de l’heure du jour et de la direction de la lumière. Un jeu d’ombre et de lumière qui mêle subtilement nature et surnaturel, visible et invisible … bref, une œuvre intrigante qui nous invite à « lire entre les lignes » !

Uniquement accessible à pied ou à vélo, un cheminement lent s’impose tout naturellement pour apprécier l’œuvre dans toute sa complexité.

L’intérieur est lui aussi prodigieusement intéressant. Le jeu des perspectives y est bluffant. Tout comme le flou permanent entre intérieur et extérieur, œuvre et paysage, église réelle (qu’on aperçoit au loin) et église « imaginaire ».

Twijfelgrens

Au détour du chemin, un étrange ruban apparaît au milieu d’un champ. Qu’est-ce donc ? le monstre de Borgloon ? l’étrange frise d’un artiste torturé ? un ficelle rouillée abandonnée sur des poteaux ?

En tout cas, cette fois, il ne s’agit pas de lire entre les lignes puisqu’il n’y en a qu’une. Le doute s’installe. Quel sens donner à tout cela ?

L’artiste belge Fred Eerdekens, qui est l’auteur de cette ligne improbable, utilise souvent le langage dans son œuvre, suscitant de ce fait une réflexion sur les mécanismes de la langue.

Ici, le mot « Twijfelgrens » (limite du doute) ne devient lisible que depuis un seul et unique endroit. Il faut donc trouver la bonne perspective pour décoder l’œuvre. Et l’on se prend à penser qu’il en va de cette œuvre comme de la vie … chacun l’aborde avec son point de vue et la décode comme il peut. Voilà qui nourrira notre réflexion pour la suite de la balade …

Interprétation du passé romain

Plus loin, sur la colline du Bollenberg, près d’une ancienne chaussée romaine, nos pas nous mènent vers une autre mise en scène étonnante.

Cette fois, c’est l’artiste Hans Lemmen qui met en lumière le passé romain de la région. Il a créé une série de cinq bancs en béton de couleur terre cuite pour évoquer les villas romaines qui existaient ici il y a bien longtemps. Et tout comme les villas de l’époque, ces bancs sont répartis dans le paysage et orientés vers le sud.

Sur le côté du toit incliné de chaque banc se trouve l’empreinte d’une villa de la région. L’empreinte montre le plan de la villa, le nom du lieu et la distance en kilomètres.

Notre promenade se poursuit à travers champs et cultures. Au loin des vaches blondes ruminent tranquillement sous les pâles rayons du soleil.

Nous retrouvons le tunnel qui passe sous la route et nous ramène à notre point de départ. Dommage que les terrasses de Borgloon ne soient pas encore ouvertes, nous en aurions volontiers profité. Ce sera pour une prochaine fois !

Infos pratiques:

Circuits piétons : 4 chemins très bien balisés, à peine vallonnés, offrent de très jolis points de vue sur les richesses naturelles et artistiques de la région.

  • 4 km = rectangle vert horizontal – 1h.
  • 5 km = losange bleu – 1 h 30.
  • 5 km = croix + orange – 2 h30.
  • 12,5 km = rectangle jaune vertical – 3 h 30.

Parcours cycliste : le sentier des fruits (van fruit tot stroop) de Looz – 38 km
Départ : Stationsplein à Looz, Suivre les points nœuds 136 – 137 – 120 – 130 -11 – 123 -122  – 121 – 148 – 152 – 136

Office du tourisme : vous y trouverez cartes et infos sur les circuits de randonnées à pied ou à vélo. Ainsi qu’un guide touristique de la région de Borgloon en français.

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