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Excursion d’un jour sur l’île de Rab : une perle croate

Souvent surnommée l’île heureuse, l’île de Rab en Croatie est un petit paradis aux multiples facettes. Avec ses criques cachées, ses plages aux eaux cristallines, ses zones boisées moins courues, sa cité médiévale merveilleusement préservée et ses nombreux coins pittoresques, l’île mérite largement un détour. .

Octobre 2019. Voilà une semaine déjà que nous sillonnons le nord de la Croatie et nous n’avons pas encore abordé la moindre île, alors que le pays en compte plus de 140 ! Il est temps de remédier à cette lacune …  Notre destination du  jour : une divine petite île de 94 km², la plus petite de l’archipel de Kvarner.

Un ferry nous y mène en 15 minutes à peine  depuis Stinica/Jablanac sur la côte dalmate et nous débarque dans un décor aride, presque lunaire.   

Rab, une île de contrastes

Rab est une île aux nombreux contrastes géologiques : rocheuse et aride sur sa façade Est (à cause de la Bora, un vent descendant, typique de la côte croate, qui souffle parfois jusqu’à 200 km/h), mais boisée et fertile à l’Ouest.

À l’autre bout de l’île, à Lopar, le vent et l’érosion ont créé de merveilleuses baies de sable sillonnées de sentiers de randonnée balisés.

Point culminant de l’île : le Kamenjak à 408m

Le point culminant de l’île est accessible à pied depuis la ville de Rab via le point de vue de Vidilica en 1h30 environ ou à partir du village de Mundaije en 45m à travers forêts puis rocailles. Ce « sommet » est un but d’excursion apprécié des marcheurs et des cyclistes. En revanche, les voitures sont plutôt rares  car la route, raide, rude et étroite décourage la plupart des conducteurs.

De là-haut, la vue sur le continent, sur les îles alentours et sur le Velebit est particulièrement impressionnante.  Il faut toutefois se concentrer sur la vue et faire abstraction de l’environnement peu attractif créé par un émetteur et ses ferrailles.

Cap sur la ville de Rab

Première étape de notre exploration de l’île, la petite ville de Rab nous séduit d’emblée. Avec ses maisons claires aux toits de tuile rouge, son petit port de plaisance et son cœur historique protégé par des remparts, le charme opère d’autant mieux que les touristes sont rares en cette saison. Idéal pour flâner à notre rythme.

La vieille ville est reconnaissable à ses quatre clochers qui émergent au dessus des toits et se découpent sur le bleu turquoise de la mer, les reliefs lointains et les avancées boisées plus proches.

Jadis colonie romaine, à laquelle l’empereur Octavien accorda le statut de cité, la ville de Rab a longtemps été sous domination vénitienne.

En tout cas, elle a su mettre en valeur son riche patrimoine architectural et sa longue et prestigieuse histoire.

L’île a été colonisée par les Illyriens en 350 av. J.-C. et est devenue un municipe romain au 1er siècle, devenant un centre important sur la côte orientale de l’Adriatique sous le nom de Felix Arba (Arb est un mot illyrien qui signifie sombre, luxuriant et vert). L’âge d’or de l’île a commencé entre la seconde moitié du 11e siècle et s’est poursuivi jusqu’au 13e siècle, lorsque Rab a été gouvernée sous la domination croate et la République de Venise en tant que commune libre adriatique. Au 15ème siècle, Rab a été vendue à Venise et est restée vénitienne jusqu’en 1798, lorsque Napoléon est arrivé dans la région.

La promenade le long des remparts offre de beaux points de vue et le regard se perd au loin vers d’autres îles, annonçant déjà d’autres départs.

Vers la pointe de la péninsule, la cathédrale Sainte-Marie éblouit sous le soleil. Sa version actuelle, qui date du XVe siècle, trahit ses influences italiennes.  Mais une première église fut construite ici au 4e siècle, puis reconstruite en style roman au 12ème siècle. En 1177, elle fut consacrée par le pape en personne.

Le campanile, haut de 26 m, date du XIIe siècle. Là-haut, on découvre un magnifique panorama sur la ville et les îles alentours.

En remontant vers le nord, nous longeons l’église Sainte Justine transformée en musée et aboutissons aux vestiges de la basilique Saint-Jean. Le monastère bénédictin d’origine, repris par les franciscains au 13e siècle, fut finalement ruiné au 19e siècle.  La tour de 20m date de l’époque romane.

Nous déambulons dans les étroites ruelles quasi désertes, charmés par les maisons en pierre soignées, les bougainvilliers exubérants, les cactus et autres palmiers qui donnent à cette bourgade une atmosphère méditerranéenne bien agréable.  

Le style architectural nous rappelle, comme dans bien d’autres villes croates, telle Rovinj que nous visiterons plus tard, que les Vénitiens ont régné à plusieurs reprises sur cette partie du pays, entre le XIVe et le XVIIIe siècle.  

Parc Komrčar et promenade du bord de mer

Nous aboutissons au très beau parc de Komrčar, fort apprécié par forte chaleur, avec ses allées ombragées sous la pinède dense et ses bancs face à la mer.

Au bord de l’eau, des plages de galets, et de jolis spots pour admirer le coucher de soleil.

En route vers Lopar

À 12 km de la ville de Rab, à la pointe nord de l’île se trouve la petite ville de Lopar, située sur une presqu’île dans l’une des parties les plus sauvages et les plus boisées de l’île, réputée pour ses plages de sable fin.

Monastère de Sainte-Euphémie

En cours de route, nous nous arrêtons brièvement au monastère de Sainte-Euphémie, un autre site important de l’île.  Fondé en 1444, ses magnifiques autels et ses peintures de saints ornées, sont d’une grande valeur artistique.  Et le plafond en bois, décoré de motifs sacrés, est une curiosité.

Traversée de l’île

Nous traversons champs et villages, nous dépassons la marina de Supetarska Draga et rejoignons l’extrémité nord de l’île, où se trouve la cité balnéaire de Lopar (peu intéressante au demeurant). Nous poursuivons notre route vers les fameuses plages de sable fin. Il y en a 22 autour de Lopar, dont 3 sont des plages nudistes (Ciganka, Sahara et Stolac).    

La plus célèbre est Rajska Plaza (plage du paradis), longue de 1,5 km. Idéale pour les enfants car l’eau y est chaude et peu profonde. Et, cerise sur le gâteau, elle s’est vu décerner en 2003, un Pavillon bleu, preuve de la qualité et de la protection de l’environnement.

Les plages de sable étant rares en Croatie, celles de l’île de Rab sont d’autant plus appréciables et recherchées. Mais en cette saison, c’est juste un merveilleux but de promenade …

L’après-midi avançant, il est temps de reprendre la route pour retrouver le ferry qui nous ramènera vers le continent.

Si vous passez dans le coin, n’hésitez pas … cette petite île à tout pour plaire : vestiges historiques, paysages superbes, d’innombrables plages, des randos et des parcours pour les cyclistes … On peut en faire le tour en bateau ou en kayak de mer … Bref, il y en a pour tous les goûts !

2 réponses
  1. Denoël dit :

    Très impressionnée par cette région, je me rends compte qu’il me faudrait plusieurs vies pour aller là où tu nous donne l’envie d’être.
    Merci Christiane pour ce beau reportage!
    Véronique

    Répondre
    • Christiane dit :

      Eh oui, il nous faudrait plusieurs vies pour voir toutes les beautés de ce monde !
      Merci pour ton commentaire qui m’incite à poursuivre mes reportages …

      Répondre

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