Voyager

Voyager, c’est une fête : on met la clef sous la porte, on se laisse à l’intérieur. On se donne rendez-vous à l’étranger.
On regarde les rues, le ciel et les maisons. On se regarde soi-même dans les vitrines, étonné d’être où l’on est – c’est à dire ailleurs.
On a changé. On est aussi neuf que ce qu’on voit. C’est du moins ce que disent les jambes alertes, les yeux brillants.
Le coeur est plus réservé. Il ne se laisse pas ravir si aisément. Il attend quelques heures pour se remettre à battre comme au départ – comme toujours.
Christian Bobin (La femme à venir, p.128, Folio n° 3254)

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