Belgique: des racines et des ailes

C’est ici que je m’enracine depuis plus d’un demi siècle: dans une toute petite parcelle de l’univers de 30 528 km² et un peu plus de 11 millions d’habitants, dans un pays surréaliste dont l’existence ne tient parfois qu’à un fil … linguistique.

Car mon pays, mélange improbable de langues et de cultures, joue régulièrement son identité à la roulette russe même s’il s’accroche bon gré mal gré à ses traditions, à son folklore et à sa royauté avec un sens aigu de l’auto-critique et de l’auto-dérision.

Belgique, petite Belgique, si petite que tu n’es qu’un point lumineux sur une carte mondiale, tu gardes pourtant le cap sans gouvernement, tu continues à marcher pour des idées et à cultiver le compromis là où d’autres préfèrent les révolutions.

Belgique, petite mais si riche d’un passé prestigieux, à la croisée de tant d’influences européennes. Jules déjà, il y a bien longtemps, disait des belges qu’ils étaient les plus braves de la Gaule (oui, oui, je sais, les historiens ont préféré escamoter le contexte!).

Belgique, chère Belgique, tellement unique et complexe qu’on a inventé la belgitude pour tenter de définir ton identité. Tant il est vrai qu’entre une flamand et un wallon, les points communs semblent parfois se résumer à leur amour de la bière et des frites! Et cette cohabitation, généralement pacifique, donne naissance à bien des situations cocasses qui inspirent sans doute à Marcel Sel sa définition de la belgitude: Caractère d’un pays né à côté de ses pompes, mais bien dans ses pantoufles, parce que ça est plus confortable. 

Il fait pourtant si bon vivre ici qu’on vient de très loin pour goûter aux charmes de la Belgique.  Du nord au sud, des polders aux ardennes, mon pays offre mille facettes et ses villes et villages recèlent mille trésors à qui sait prendre le temps et apprécie les sauts de puce.

Ma Belgique au climat doux et humide, souvent lavée à grandes eaux (ah la drache nationale!), parfois noyée dans les brumes, comme l’évoquait si bien Brel, avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu. C’est sans doute pour cela qu’aux premiers rayons de soleil nous envahissons squares et terrasses avec tant de volupté.

Belgique, oh ma belle gigue, tu danses et ris sans parti pris et bien des artistes portent ton nom en haut des affiches.

Mais petite Belgique si mesquine parfois qu’il vaut mieux regarder vers l’Europe pour échapper à nos carabistouilles politico-communautaires.

Pourtant, belge dans l’âme, métissée de père flamand et de mère wallone, Bruxelloise de pied en cap, je revendiquerai jusqu’à mon dernier souffle cette ambivalence culturelle que seuls les zinnekes peuvent comprendre.

 

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